• Jour VIII (2)

    Le sentier sinue à même la falaise, si bien que des ponts de bois et des échelles y ont été disposés. Parfois le vertige est saisissant.
    Car si je parle de sommets comme le Trubelstock, le Rothorn, le Mt-Bonvin ou le Schwartzhorn, il ne faut guère s'imaginer de parois à escalader. Il n'y a aucune prouesse alpine dans mes excursions. Et si, comme pour le Rothorn je prends des risques, ce n'est en aucun cas l'indice d'une maîtrise mais bien celui d'une ignorance doublée d'une inconscience.
    La cabane est plus spacieuse que celle des Violettes. Il s'y trouve d'ailleurs pas mal de promeneurs. Je déduis à leurs accoutrements qu'il doit surtout s'agir de touristes. Sans doute en provenance de Loèche pour un café ou un casse-croûte. Comme moi en somme.
    Ils y servent du "café-mélange". Un café sur lequel flotte un iceberg de crème chantilly. Je craque encore pour une salade de fruits tout aussi généreusement ensevelie sous une avalanche de chantilly. Crème qui m'aura pesé tout le retour, et sans doute trop en rupture par rapport à mon régime d'altitude qu'elle s'est exprimée en terribles maux de ventre qui ne m'auront quitté qu'à force d'expulsions bruyantes, odoriférantes, prolongées et répétées. Quand on habitue notre corps à une nourriture saine et équilibrée, il ne supporte plus aucun écart. Heureusement que je suis seul.
    Le Schwartzhorn offre un panorama magnifique et je suis bien content de m'être offert le détour nécessaire à son sommet malgré un épuisement palpable et des intestins en révolution. Finalement ma course tranquille fut la plus longue de toutes.

    En approchant de la cabane, une fumée de cheminée m'indique que je ne serai pas seul ce soir...


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