• Il y a loin entre Corcelles et Kinshasa

    Mercredi 28 octobre.
    5h du matin, le réveil sonne, le zombi se lève, se rase en diagonale, se douche de haut en bas ; le voilà prêt à prendre la tangente. La voisine zombi monte également dans la voiture, destination gare d'Yverdon. Kinshasa semble bien loin, dans un autre monde. Tout cela est irréel. Dans le train la Suisse s'est levée pour se mettre gentiment au travail, mais elle n'est pas encore réveillée.

    Le ciel est dégagé, la terre vue du ciel est toujours aussi belle, la main de l'homme semble avoir disparu. Le brouillard serpente le long du Rhône ; et puis bien plus tard, la frontière franco-belge facile à repérer : il y a deux centrales nucléaires qui recrachent les seuls nuages de l'horizon. Les cheminées sont comme deux kerns des temps modernes qui nous balisent un futur proche et radieux. (Avez-vous déjà remarqué qu'on ne construit jamais les centrales en plein milieu d'un pays mais toujours près d'une frontière ? Regardez sur le Rhin ! C'est par esprit de solidarité ; si ça pète, on partage avec le voisin.)

    La Belgique apparaît enfin, comme un immense patchwork de champs dans une belle gamme de terre grise et rouille. Sur l'écran des télévisions suspendues au-dessus de nos têtes défilent des paysages belges aux couleurs de vieilles cartes postales décaties. De mornes plaines verdâtres ou grisâtres ou encore des mines à ciel ouvert ou des voitures circulant sur des boulevards dans des villes à vous faire exploser le taux de suicide par habitant. Et d'ailleurs, par une âme qui vive sur ces images. On a pensé à une initiative du ministère du tourisme, ou à une blague belge ou peut-être encore à de l'art contemporain.

    Thierry Crozat

    A suivre...


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