• Antoine Volodine : Des anges mineurs

    "Inutile de se cacher la vérité. Je ne réagis plus comme avant. Maintenant, je pleure mal."
    Un roman qui commence comme ceci augure un meilleur qui ne se dément jamais. Lire Antoine Volodine c'est prendre un bain de bulles où les bulles seraient ses mots. Des mots qui nous bercent et nous réjouissent alors que les "narrats" qui composent l'ouvrage décrivent un monde post-apocalyptique. L'humanité telle qu'on la connaît (pour combien de temps encore) n'est plus qu'un souvenir. Y errent sur la surface du globe des rescapés étranges et pluri-centenaires qu'on ne peut qu'imaginer les fruits monstrueux d'émanations toxiques ou radioactives voire de sombres opérations chamaniques. Les univers et les situations décrits sont sans espoir mais d'une générosité et inventivité stylistiques jouissives. Une critique sociale en émane de façon diversement allusive mais toujours pertinente. L'ambiance n'est jamais pesante et ne s'embarrasse pas d'émotions superflues. Cela tire un constat d'où sont exempts la rancoeur et la rage. Une vie au jour le jour menée dans une espèce de résignation indolore. Bref c'est un régal qui se consomme au compte-goutte. De la haute distillation qu'une lecture boulimique rendrait indigeste. C'est davantage le plaisir de l'instant qui importe qu'une intrigue éventuelle. Et il faut le savourer patiemment.


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