Michel Serrault est mort.
Ils ont diffusé une émission quelque peu rétrospective de sa carrière mais revisitée par son commentaire sur la Cinquième.
A un moment donné, comme il abordait son métier et sa manière d'approcher un rôle, il a tiré un parallèle avec la restauration. - Apparemment il avait dû acheter des propriétés vétustes qu'il s'était amusé à retaper. (Donc rien à voir avec la restauration à laquelle vous aviez pensé jusqu'à maintenant...) - Créer un personnage c'est prendre un texte et le dépoussiérer pour en retrouver l'essentiel, les couleurs originelles. Le nettoyer de toutes les scories du temps, de toute son histoire. Retrouver sa nudité... la simplicité.
N'est-ce pas une magnifique métaphore de la vie-même ? Notre tâche ne serait-elle pas de nous rénover ? Retrouver les couleurs primaires, celles qui étaient là au départ et qu'on a recouvertes, de gré ou de force, au fil du temps. Celles qu'on a masquées de peurs et de principes. Celles derrière lesquelles on se ratatine.
Je repense à cette phrase de Picasso. "J'ai dû réapprendre à dessiner comme un enfant." Et je crois bien que c'est seulement aujourd'hui que je me rends compte qu'il n'était point là question de technique...