Une des dernières répliques des Bas-Fonds est donnée par le personnage du Tartare.
Il lève sa bouteille de vodka au ciel en criant : On va danser, on va chanter et quand la mort viendra... on mourra !
Et tout le monde d'acquiescer joyeusement.
Mais ce soir, la panse arrondie par le repas de fête où ni nous ne chantâmes, ni nous ne dansâmes ; j'ai comme une envie d'en modifier la conclusion d'un zeste de citron : On va danser, on va chanter et quand la mort viendra... on rira !
Mais attention, pas ce rire empreint d'ironie ni de provocation, pas ce rire pied de nez et insouciant, pas cette manifestation d'indifférence ; mais un vrai rire de joie et de gratitude.
Mais attention, pas de cette gratitude par rapport à un soulagement, un bienfait, un ouf ; mais une vraie gratitude pour la vie qui s'accomplit ainsi dans sa célébration la plus magnifique. Le puissant et sincère rire de gratitude quant à une vie bien remplie qui se voit consacrée par sa propre cessation.
Le rire de l'absence de regret.
Le rire de la paix éternelle...