En fait il est déjà passé depuis longtemps mais qu'importe puisqu'il ressembla à un jour comme celui-ci. Un jour civilisé.
D'ailleurs j'ai été incapable de tenir une plume pendant trois jours. Avant de quitter la cabane je me suis investi de la mission de couper du bois. Je m'en suis si bien acquitté que pour mon pouce, même égoutter mon zizi était un exploit à oublier.
Je suis à Vevey depuis quelques jours. Juste le temps de tout mettre en ordre avant de partir sur Sète pour le retour de Cordélia après son année en voilier. Je me suis repayé un appareil photo. J'espère que je le garderai plus longtemps que le précédent qu'on me vola après seulement trois mois. J'en avais rêvé pendant vingt ans. Pas spécialement de celui que j'avais acheté, juste d'un appareil photo quelconque. Quand je l'avais enfin eu, cet appareil des possibles, je ne savais que photographier tant l'acte me semblait sacré. Aucun sujet ne me paraissait jamais assez digne. Ce qui fait qu'en trois mois je n'en avais quasiment pas profité. J'espère que son nouveau possesseur en aura fait un meilleur usage...
Cette fois-ci je suis passé au modèle supérieur. Le genre d'appareil qui peut laisser un peu d'initiative à son utilisateur. Il me faudra bien cinq ans pour faire le tour de son potentiel. En la matière, le mien est épuisé en trente secondes. Par contre ce coup-ci rien ne sera trop banal pour être photographié. Je vais mitrailler autant le mobile que l'immobile. Quitte à tout jeter ensuite.
Durant mes neuf jours d'isolement, comme je reprenais un brin d'écriture et que j'ai su après trois jours que je poserai ce journal sur mon blog, j'aurais voulu tout photographier. C'était un tel festival de couleurs et d'images. Autant que c'était un festival d'émotions, de découvertes et de rencontres.
Avec le mythe surtout. Au début c'est surtout pour lui que j'avais pris la plume. ./.