On passe un bon moment avec ce Gainsbourg de Joann Sfar. Un film agréable et tranquille entre le traitement poétique et le commentaire psychologique qui se laisse regarder avec le sourire. On aime retrouver les figures de Vian ou Bardot. Eric Elmosnino est hallucinant. On ressort du cinéma avec l'envie de réécouter tous les disques de Gainsbourg et de se dégoter quelque part sa bio. Et c'est plutôt bon signe. Il ne faut pas s'imaginer qu'on apprendra davantage qu'on ne sait déjà plus ou moins sur le personnage. Mais c'est devenu le propre des dernières biographies cinématographiques. Sinon, il y a les documentaires ou les bouquins. Le cinéma permet finalement si peu de creuser - il peut encore raconter des histoires mais cerner une vie... - qu'il lui faut se rapprocher de l'allégorie pour trahir le moins possible.
Et c'est là que ça devient périlleux et du coup je me suis demandé pourquoi faire un film sur le monsieur... Puisqu'il ne m'a finalement pas transformé plus que ça et même il ne me paraît tenir que par la figure à laquelle il s'intéresse. Si il avait dû s'appeler "Dupont - (vie héroïque)" je doute fort qu'il aurait pu convaincre. En même temps pourquoi le devrait-il puisqu'il ne s'agit pas de Dupont mais bien de Gainsbourg. Qui comme on peut le constater continue de fasciner au point de rendre fascinant un film qui ne le serait probablement pas sans lui.