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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)

C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."

Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.

Que serais-je sans vous ?


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L'appel de l'ombre | 28 août 2008

L'appel de l'ombre fut le plus fort et personne en ces parages ne les a revus (ou reconnus).
Aujourd'hui l'empreinte de leurs pas sur le sable vierge...
Nous livides parmi toute une procession d'êtres chers.
Eux solitaires forant d'interminables galeries sous la cendre (qui est aussi du rêve).
Mon Dieu comme ils sont beaux comme ils sont fous !
Comme leurs yeux pétillent sous l'averse de bombes et de chaude-pisse !
A nouveau le sang jaillit d'une vieille plaie
comme le tambourinement d'un soleil au bord des toits.
Enfants inadaptés jouant avec les mots avec les signes
comme on joue à saute-mouton ou à aimer...
Ils n'ont rien à nous dire cependant.
L'un parle avec son chat en confectionnant de petits avions de papier.
L'autre s'avance vers son reflet et l'entaille d'un coup de ciseaux.
Mais tous deux savent se fondre soudain dans la nuit
dans la nuit pleine de langueurs utérines préservée pour eux
après les spasmes vaginaux et les coups de canon.
Ils sont passés à travers la vitre des couveuses.
Ils ont fait et défait leur lit au fond des fossés ou dans des mangeoires.
Ils flirtent avec les digitales sous la lune dans le silence étale ou les grondements de tonnerre.
Ils ont des yeux qui s'écarquillent tout en restant clos.
Sur l'autre versant du sommeil et de la conscience. 

Vital Bender 

Publié par libou à 16:42:50 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Au fond d'un bol de lait | 26 août 2008

Au fond d'un bol de lait quand j'y buvais j'ai vu la nuit toute la nuit se teindre devenir rouge et s'ouvrir comme un coeur bondissant hors de ma poitrine.
J'ai reposé le bol sur la table
et j'ai voulu m'enfuir.
Mais on ne fuit pas ces mots (pas encore)...
J'ai rempli à ras bord le bol d'un liquide grumeleux (voyelles consonnes) que j'ai avalé goulûment.
Des mots se sont formés à l'intérieur de ma poitrine là où auparavant battait un coeur un simple coeur un coeur d'homme libre
et j'ai pleuré
pleuré sur le massacre des mots innocents.
Le vrombissement d'un avion de ligne m'a tiré soudain de ma stupeur
et j'ai levé les yeux
et j'ai vu d'autres ténèbres se former par pans imbriqués les uns dans les autres
comme les nervures d'une feuille de papier à musique
et j'ai voulu fuir à nouveau
mais on ne fuit pas... ni ses propres fantômes etc... 

Vital Bender 

Publié par libou à 08:54:28 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Tenté en vain de remonter le temps | 24 août 2008

Tenté en vain de remonter le temps jusqu'à l'utérus originel
toi mon frère aux aguets dans les sous-bois sidéens
toi soeur du genre humain auréolée de feux de Saint-Elme.
Marché dans les rues désertes sans te reconnaître
entendu tinter tes larmes dans les yeux globuleux des vitrines
prononcé (toi !) du bout des lèvres le nom de quelqu'un qui ne m'était plus tout à fait étranger.
La brume se déchire. Un corps sans tronc - deux jambes surmontées d'un embryon de visage - remonte ces mêmes ruelles en rasant les murs.
Un frisson d'asthme court entre les feuilles d'hibiscus et de vigne vierge.
Il fait à peine jour et les écureuils se faufilent entre les pierres disjointes des habitations qui n'en finissent pas d'apparaître et de se dissoudre dans ce brouillard qui semble provenir de l'intérieur même de ces vieilles bâtisses (et de ces corps en extase.)
Un paralytique les yeux révulsés psalmodie sous un porche qui semble flotter.
Ici l'on imagine sans peine la capitulation des âmes et leur déportation sans précédent vers les deltas d'apocalypse.
Mais nul être ne remontera jusqu'à la source qui fut ce ventre et qui n'est plus qu'une énorme fente blême
une ruelle qu'on emprunte par hasard au lever du jour
et qui pour une heure nous tient lieu de nid chaud. 

Vital Bender 

Publié par libou à 22:04:54 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Un ciel doué de raison | 22 mai 2008

Un ciel doué de raison
à l'intérieur de nos ventres qui chantaient comme des gargouilles.
Il pleut dans mon estomac et mon foie foule le feu des mers du sud.
Chant de nos corps bateaux corsaires dérivant sur des dunes de crêpe et de mousse à raser.
L'haleine des morts gonfle nos voiles.
Ce peu de souffle qu'il nous reste - à demain ! - mais nous sommes encore en rade.
Voici l'heure des croissants chauds et des champignons apprêtés pour un festin sans pareil
et des poissons frits dans de la graisse de femme - vierge de préférence - mais nous n'avons pas encore levé l'ancre !
Un ciel rouge comme tes glaires mon amour - ou comme du blanc d'oeuf - et transpirant dans la toute première stimulation de ton cri quand tu rebondissais comme une balle folle de ton lit de mort au plafond (repeint pour la circonstance.)
Oh ce ciel insolent qui dansait
cette toile trouée d'une simple secousse nerveuse !
Et la révélation de tout un chaos d'os stagnants et de mandibules dressées !!! 

Vital Bender 

Publié par libou à 13:45:20 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Les temps sont proches | 07 avril 2008

Les temps sont proches où les pierres, toutes les pierres de toutes les saveurs réintégreront nos bouches comme des morceaux de pain noir. Toutes les pendules se détacheront des murs. Je vois un nez à la devanture du ciel (ou du caniveau), un nez perforé d'aiguilles à tricoter des mots sans affectation, des mots... qui s'attardent et devraient voler en éclats au bout de ces rues en trompe l'oeil, je sens des pierres - ce sont encore des mots ! - se bousculer au fond de ma poitrine et je crache, je crache... un caillot d'oiseaux multicolores... puis tout un flot de pendules qui se mettent à sonner l'heure du jugement dernier, je dois avoir l'air con avec mes oreilles en bois d'acajou et mes viscères entortillés autour de mon cou sans fin à l'intérieur duquel monte et descend d'un bout du jour à l'autre un ascenseur vide et tout déglingué. Silence puis : cliquetis d'aiguilles d'horloges tricotant l'absence de toute bien-aimée à travers un nuage de plumes roses comme les mains du nourrisson que j'étais encore tout à l'heure.
Je vois une lame se lever dans la nuit, un éclair traverser mon corps, j'assiste à cette scène, il n'y a pas de purgatoire, un tonneau roule sur la pente, une ombre se glisse entre les feuilles, peut-être atteindrons-nous cette côte (si elle existe). J'entends le chant des ventre vides et des terreurs nouvelles, tempo morne qui s'agrippe à des saillies de jour, et je vois, oh je vois... des mains de femmes si belles que l'eau jaillit du sol entre les pierres.

Vital Bender 

Publié par libou à 22:28:54 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

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