Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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C'était la nuit des musées hier soir. Où tous les musées restent ouverts jusqu'à 4h30. Quoique le musée d'art brut ferma à 2h. On y trouve de tout dans ces oeuvres obsessionnelles et obsédantes. Impossible de sortir indemne de là. On reçoit toujours une part de la poussée irrépressible qui explosa en la création. Et ça n'est pas souvent la sérénité. Par contre, sans doute qu'elle pouvait y contribuer.
Je trouve merveilleux à quel point l'expression d'un déséquilibre peut être ordonnée. Peut-être que la voie du milieu se trouve dans la confrontation des extrêmes. Et quand j'essaie de regarder la vie comme on regarde un tableau, je me dis que c'est forcément un fou qui mit le monde au monde. Ou un sage. Ou que la folie est ce qui se rapproche le plus de Dieu.
(tableau d'Augustin Lesage)
Publié par libou à 10:04:00 dans cot-cot-idien | Commentaires (0) | Permaliens
Victor Jara est mort quelques mois après ma naissance. Je me souviens avoir entendu cette histoire d'un musicien à qui on avait demandé de jouer de la guitare après lui avoir coupé les doigts. Tout ceci avait glissé dans les espaces de l'oubli jusqu'à ces derniers jours où sans le savoir c'est lui que j'entendais en cours de montage de chapiteau. Il nous arrive d'écouter quelques disques en travaillant à la bonne marche de notre tournée de Peer Gynt. Cette voix à la fois puissante et pure m'est allée droit à l'interne. Comme ces choses qui se passent sans qu'on y prête garde. Comme l'amour qui nous surprend à gauche quand on regarde à droite.
Depuis il tourne en boucle. Et ce sans saisir plus de trois mots d'espagnol. Et même sans sa poésie, parait-il remarquable, il est vrai qu'il peut déranger. Il trimballe derrière ses notes une telle charge émotionnelle que beaucoup peuvent la trouver insupportable, les enfonçant dans une mélancolie rare.
Victor Jara est de ces artistes engagés qui portent en eux le moteur de leur lutte. Il nous confronte à ce vide qui nous grignote et que nous fardons de mille artifices. Mais il a le mérite de nous y confronter. Il a le mérite de nous empêcher de tricher. Il nous tend ce vide comme on nous tendrait un miroir. Parce qu'il le connaît suffisamment pour savoir qu'en prenant la peine de s'y arrêter on ne peut y tomber puisque déjà nous nous y trouvons. Parce qu'il sait que ce vide est plein mais que cette plénitude ne peut être appréhendée que par le courage de l'insistance. Comme dans le noir total, nos yeux finissent par laisser naître les formes. Comme dans le noir total, des moyens à inventer nous permettent d'en découvrir les trésors. Ou mieux : leur essence.
Publié par libou à 15:05:13 dans cot-cot-idien | Commentaires (3) | Permaliens
Si j'étais un homme d'église je dirais : Apprendre à lâcher prise mon cher René... apprendre à lâcher prise.
Mais les hommes d'église sont des cons
A force de dire ce genre de conneries
Eux qui n'ont jamais baisé une fille
Alors je ne le dis pas.
Si j'étais un psy je dirais : Vous souffrez d'un crise post-trentaine typique, l'envie de purifier vos rapports relationnels, votre vie, votre rapport au bien-être. Les signes d'un vieillissement que vous commencez à sentir et qui vous devient difficile.
Mais les psys sont des cons
Eux qui n'ont jamais baisé une fille... sans y penser
Alors je ne le dis pas.
Et enfin, si j'étais un ami je dirais : Mais René-Claude mon ami, ne te fais pas de bile, des filles pour nous, il y en a plein, on finit quand même par tout oublier tu sais... Et puis elle ne devait pas te convenir, sinon ça se serait passé autrement... Arrête de chialer maintenant et viens, je te paie une bière au bord du lac...
Mais les amis sont des bons
Eux qui n'ont jamais baisé un homme
Alors je le dis.
Publié par libou à 23:52:55 dans cot-cot-idien | Commentaires (2) | Permaliens
Pourquoi du porteur ou du porté c'est le porté qui symbolise le pouvoir ?
Il suffirait d'un coup d'épaule pour que son pouvoir soit renversé. Même si le porteur semble bien écrasé par le poids d'un tel pouvoir...
En quoi donc la position de porté confère-t-elle de la force ?
Elle en nécessite une bien moindre que le porteur...
Le porteur a le pouvoir de renverser, il a la force de porter et pourtant c'est toujours le porté qui symbolise le pouvoir. Pourquoi ?
Parce que le pouvoir c'est d'être porté en triomphe ?
Parce que le pouvoir c'est d'obtenir droits et privilèges ?
Parce que le pouvoir c'est d'accepter de se mettre en position de faiblesse, d'oser se montrer vulnérable ?
Publié par libou à 19:47:20 dans cot-cot-idien | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par libou à 01:08:16 dans cot-cot-idien | Commentaires (2) | Permaliens
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