• "Plus je vais, plus je mesure avec stupéfaction la distance qu'il y a entre la réalisation de son oeuvre et son élargissement dans le public. Les facultés inventives, créatrices sont précisément contraires à celles d'habileté, de calcul, de méthode qu'il faut pour se faire connaître." C.-F. Ramuz

    Ben oui. Il y a un moment où faut bien redescendre de sa montagne et s'ouvrir un chemin dans la foule. Avec ce nouveau paradoxe qu'on la souhaiterait nombreuse et qu'en même temps on voudrait ne pas y penser. Sans doute tout simplement parce qu'on aimerait être aimé tout en craignant ne point l'être. Parce qu'on rêverait que les facultés inventives et créatrices soient en soi celles d'habileté et de calcul. Mais comme l'a dit Ramuz, qui était pourtant servi question facultés, c'est pas pareil.

    Alors départ :

    Oedipe Roi c'est avant tout au Théâtre des Osses à Givisiez
    les 29,30 octobre, 6,20,21,22,27,28,29 novembre et 8 et 11 décembre
    Jeudi à 19h, vendredi + samedi à 20h et dimanche à 17h

    Comme deux spectacles -intimement liés puisqu'il s'agit de Jocaste Reine (création mondiale de Nancy Huston)- sont joués en même temps aux Osses, il y a des jours où la possibilité de les voir successivement est offerte
    les 31 octobre, 1,7,8,14,15 novembre et 12 décembre
    OR samedi à 18h et dimanche à 16h / JR samedi à 20h30 et dimanche à 18h30

    Pour les Valaisans il y aura aussi la soirée du 5 décembre aux Halles de Sierre où les deux spectacles sont proposés.

    Et même un petit coup en France, les 17 et 18 décembre au Théâtre du Château d'O à Montpellier.

     


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  • Et tout de suite pour illustrer mes propos publiés hier quelques photos supplémentaires sur Verbier. Enfin là on est encore au château de St-Barthélémy.

    Mais on décroche...

    On emballe aussi. Ici la caverne du roi des Trolls.

    De genre masculin un chapiteau ? (Jamais je ne ferai un test Rorschach...)

    Évidemment toujours les mêmes qui ne foutent rien.

    Et pas la peine de prendre cette mine offusquée.

    La planque réflexive. (Tout le monde n'a pas un appareil photo pour prétexter l'inactivité.)

    La preuve.

    Naissance ?

    Pause tout court après pause réflexive.

    La méthode anthroposophe d'économie d'énergie.


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  •  

    Dans le cadre de la saison du petit théâtre, la compagnie a planté son nouveau chapiteau sur l'Esplanade de Montbenon, à Lausanne et s'offre un Tartuffe ébouriffant. Une fin de tournée tambour battant.

    "Faire du théâtre populaire, coloré, goûteux, engagé" : la profession de foi de la compagnie vaudoise Les ArTpenteurs, fondée en 1999 par Chantal Bianchi et Thierry Crozat, n'est pas une imposture. Preuve en est son nouveau spectacle qui, depuis mai dernier, poursuit une vaste tournée. On se régale à découvrir les (més)aventures de ce Tartuffe imaginé par Molière. Du rythme, du plaisir de jouer, une scénographie astucieuse, le tout sous un joli chapiteau, pas trop grand, laissant voir les comédiens de près tout en gardant la juste distance entre les spectateurs et l'espace scénique.

    A Lausanne, sur l'Esplanade de Montbenon, jusqu'au 20 septembre, la compagnie ouvre en fait la saison du petit théâtre, ici coproducteur. Une fois n'est pas coutume, le spectacle dépasse allégrement l'heure de jeu. Presque le double en vérité : inutile d'amener les tout petit. L'âge recommandé est dès 12 ans, mais on voit bien, pendant la représentation, que les parents et grands-parents s'amusent au moins autant que les enfants ! Toute la troupe est au diapason. En tête de liste, Thierry Crozat en Tartuffe machiavélique, faux dévot ayant la fâcheuse tendance de prendre les autres pour des veaux...

    Tel est pris qui croyait prendre, cependant. Il pensait manipuler le brave Orgon, chef de famille crédule, comme aveuglé dans un premier temps par la pieuse moralité de son nouvel ami et prêt à se dépouiller en sa faveur de tous ses biens. Cette même famille, sa femme en tête, trouvera finalement le moyen de confondre le vil personnage, qu'on croyait chaste, mais bien vite émoustillé par les plaisirs de la chair.

    La charge de Molière sur les fausses croyances et l'appât du gain tient évidemment le coup. La nature humaine n'a guère évolué ces derniers siècles. Il est toujours des mascarades en cascades. Jouer un rôle, jouer son rôle : il en va au théâtre comme dans la vie. Une grande farce donc, que les ArTpenteurs distillent avec malice et moultes perruques, utilisant à merveille le dispositif scénique bi-frontal (et un grand podium au centre, avec trappes et table intégrée). Du théâtre expressionniste teinté de rap : Obaké, de son vrai nom Léo Regazzoni, reprend à son compte et à sa manière les lettres que Molière écrivait au roi d'alors. Des intermèdes musicaux, en quelque sorte, comme Lully en composait pour l'auteur.

    Michel Caspary

     


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  • C'est cela. Comme rien ne le laissait prévoir la dernière fois que j'ai parlé du Tartuffe des Artpenteurs, la tournée se prolonge encore à Moudon le temps de deux représentations. Et pour ceux dont le titre du post demeure obscur, un petit tour ici ne serait pas de trop. Ce sera donc ces vendredi 25 et samedi 26 septembre à 20h sous notre chapiteau installé derrière la gare.

    Facile à trouver.

    La photo a été prise lors de notre premier filage en vue de la reprise à Lausanne. On y voit Corinne Galland (Elmire) et Thierry Crozat (Tartuffe) lors de la fameuse scène de la table.

    Et c'est le sourire en coin que je rédige ce mot car si deux semaines sur trois étaient complètes à Lausanne, je sais bien que c'est grâce aux annonces publiées sur ce blog visité assidument par une foule en délire. Blague mise à part je repense à la lassitude d'un blogueur figurant d'ailleurs dans mes liens et qui se plaignait de visites somme toutes nombreuses et de commentaires quasi inexistants ; de cette tâche quotidienne qui finissait davantage par ressembler à l'absurde travail d'un Sisyphe qu'à celui d'un Prométhée : charger une toile surchargée de moucherons insipides, pour ne pas dire indigestes (selon mes mots) sans aucune gratification en retour.

    Et je dois dire que, curieusement, ce sentiment d'inutilité et de gratuité me procure une jubilation que je qualifierais de saine.
    Personne n'ayant lu cet article ne se déplacera à Moudon. Un centième de ceux qui se sont par mégarde égarés en ce lieu le lira en entier. Et c'est normal ! J'agis de même. On n'a plus le temps ! Sur le net, tout article de plus de dix lignes m'épuise par anticipation. Mon horloge interne lance sa cadence et celle-ci recouvre tout alentour et gâche ma capacité à déguster les mots.
    Et pourtant je l'écris. Et c'est là que ça devient intéressant car je trouve que cela englobe toute la complexité humaine. Savoir que c'est inutile mais le faire quand même. Ne plus attendre de retour mais en espérer quand même. Se dire que l'on écrit pour soi et le publier pourtant. Insister par orgueil pour toucher à l'humilité. S'accrocher pour pouvoir lâcher prise. Merveilleux !


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  • Tentative de publication d'images. Ce que je n'ai jamais su faire par ce biais-là.

    Donc ce sont des photos de la sortie des Artpenteurs à Verbier cet été. Nous avions déposé notre chapiteau à la Chaux à 2200m d'altitude le temps de deux représentations. Trois étaient prévues initialement mais la dernière dut être annulée.

    C'était pour la reprise de Peer Gynt que nous avions tourné jusqu'à Avignon une année plus tôt.

    Ces photos me plaisent et si elles ne donnent pas vraiment d'idée du spectacle, je trouve qu'elles laissent un bon goût de l'aventure.

    Masque de l'Homme

    Masque du fondeur de boutons.

    Tous deux en attente du départ.

    Lui aussi d'ailleurs.

    J'en parle même pas.

    Mais j'en croise les mousquetons.

    Le pour et le contre.

    Le jour et le contre.

    Le roi des trolls prêt au départ.

     


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