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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)

C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."

Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.

Que serais-je sans vous ?


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Insouciance | 09 août 2007

S'en aller sur la route libre de tout. Sans souci du lendemain. Sans la moindre inquiétude. Le moindre soupçon d'appréhension.

Avoir vingt ans. Son bac (on dira comme ça...) en poche et aucune perspective d'avenir. Aucun plan de carrière. Aucun désir d'aucune sorte. Se foutre de tout en quelque sorte. Juste marcher dans la vie en tutoyant la mort, les épaules en arrière et la poitrine éventail. Recevoir crachats et baisers avec la même absence de mémoire. Juste l'envie de s'en prendre plein les yeux, les tripes, le coeur.

On en parlait ce week end en arpentant les cailloux de nos sentiers valaisans. On en parlait considérant cette époque comme définitivement révolue.

Pourquoi ?

Comment passe-t-on de cette inconsciente insouciance à la tempérance des prétendues responsabilités ?

Le simple fait de devoir gagner sa vie... De constater que chaque chose a son prix et que la prolongation de l'insouciance est une question pécuniaire... Les factures qui nous rattrapent...

Ou une pernitieuse confusion des moyens avec leur fin ? Une insouciance pour conscientiser ses souhaits et une conscience pour tenter de les reproduire indéfiniment ? Une insouciance pour forger son idée du bonheur et le reste du temps pour lui courir après ?

Confondre les instants et le temps, le plaisir et le bonheur ? Est-ce la mémoire qui signe l'arrêt de mort de notre insouciance ? Est-ce l'être pour l'avoir ? Même si cet avoir n'a rien de matériel. Est-ce le présent différé ?

Ou est-ce la peur ? Encore et toujours. A la base de tout cela.

Qu'on l'accepte ou non.

Publié par libou à 16:52:46 dans cot-cot-idien | Commentaires (6) |

Flottant invisible | 08 août 2007

Car il en a écrit deux. L'acteur flottant, davantage autobiographique et L'acteur invisible, davantage manuel pour comédiens. Et si tous les deux ne manquent pas d'intérêt le premier volume mérite le détour de tout un chacun tant l'écriture est simple et dépouillée. Paisible. Sans artifice et pourtant si forte.

Il avance de doutes en doutes. On y mesure toutes les contradictions de la démarche du comédien, celles de la mémoire et de l'oubli, de l'individu et de l'universel, de la volonté et du lâcher prise. On y perçoit tout le dilemme existentiel. Entre les lignes.

Et les meilleurs livres ne sont-ils pas ceux qui parlent davantage par ce qu'ils taisent ?

Bref, ces deux ouvrages m'ont rempli, comblé. Non seulement dans l'envie de devenir meilleur acteur mais surtout meilleur homme. A même d'offrir autant que j'ai reçu. 

Je me permets d'en livrer un extrait tiré de L'acteur invisible tant son rapport au post inspiré par l'image de Michel Serrault est flagrant :

"Selon le bouddhisme ésotérique japonais, quand on naît, on émet le clair et simple son "aaah" tel un dieu. Le temps passant, comme on acquiert de l'éducation et une certaine malléabilité face aux exigences de la société, on devient un personnage au style vocal approprié. Le "aaah" ouvert et clair a disparu. Et on passe alors le reste de sa vie à travailler pour retrouver ce pur son "aaah", en espérant récupérer sa divinité innée."

Amusant non ?

Publié par libou à 17:03:19 dans puits à coq | Commentaires (3) |

Panne | 03 août 2007

Mon ordinateur est en panne, me rendant à l'évidence inconfortable de mon addiction...

C'est donc chez ma nièce de vingt ans que je me trouve aujourd'hui pour consulter mes mails à l'arrachée. Et sur un post-it collé sous son écran je découvre ces petits mots que je vous livre texto :

"L'amour c'est quand la différence ne sépare plus."

 

Merci Chrystel ! 

Publié par libou à 17:18:12 dans cot-cot-idien | Commentaires (6) |

Restauration | 01 août 2007

Michel Serrault est mort.

Ils ont diffusé une émission quelque peu rétrospective de sa carrière mais revisitée par son commentaire sur la Cinquième.

A un moment donné, comme il abordait son métier et sa manière d'approcher un rôle, il a tiré un parallèle avec la restauration. - Apparemment il avait dû acheter des propriétés vétustes qu'il s'était amusé à retaper. (Donc rien à voir avec la restauration à laquelle vous aviez pensé jusqu'à maintenant...) - Créer un personnage c'est prendre un texte et le dépoussiérer pour en retrouver l'essentiel, les couleurs originelles. Le nettoyer de toutes les scories du temps, de toute son histoire. Retrouver sa nudité... la simplicité.

N'est-ce pas une magnifique métaphore de la vie-même ? Notre tâche ne serait-elle pas de nous rénover ? Retrouver les couleurs primaires, celles qui étaient là au départ et qu'on a recouvertes, de gré ou de force, au fil du temps. Celles qu'on a masquées de peurs et de principes. Celles derrière lesquelles on se ratatine.

Je repense à cette phrase de Picasso. "J'ai dû réapprendre à dessiner comme un enfant." Et je crois bien que c'est seulement aujourd'hui que je me rends compte qu'il n'était point là question de technique...

Publié par libou à 20:20:49 dans cot-cot-idien | Commentaires (4) |

symbole | 23 juillet 2007

 

C'était il y a deux jours. Je rentrais tard et une fois la voiture garée coupai le contact. Il n'y avait pas un souffle d'air. Et c'est dans l'apnée de cette nuit, dans ces moments où on croirait que la vie s'est absentée tant elle écoute, que je me suis souvenu de l'olivier de papa.

C'était un olivier nain que j'avais ramené d'Avignon spécialement pour lui. Il venait de tomber malade et dans ma naïveté j'y voyais tout une symbolique. L'olivier du jardin des oliviers. L'olivier arbre de vie. Ça serait le sien et il l'accompagnerait dans son combat. L'arbre de sa vie, rapporté par son fils en guise d'infaillible thérapie. Je le lui avais tendu tout fier et tout sourire en disant : "Tu vois c'est un olivier. L'arbre du Christ par excellence..." Il a considéré le présent à distance, dubitatif. Encore une bizarrerie. Mais l'attention l'avait touché et peut-être même, qu'étant donné la situation déjà critique, lui avait-elle, au même titre que n'importe quel traitement, éveillé quelque espoir.

Et en matière de témoignage, cet olivier a été d'une redoutable justesse. Si les miracles n'étaient pas dans ses compétences il n'a pas dérogé au rôle que je lui avais attribué. Dès les premiers jours il a commencé à sécher. Nous avons tout essayé. Intérieur. Extérieur. Engrais. Vitamines. Son état ne cessait de se détériorer. Et nous, nous le regardions, consternés et terriblement embarrassés. Comme davantage concernés par l'état du végétal que par celui de mon père dont la rémission semblait devoir dépendre. Rien n'y fut, il fut bientôt irrémédiablement mort. Et cette mort nous a hantés jusqu'au décès de papa dont elle avait été la prophétie. Quoique nous l'ayons niée de toutes nos forces.

Mais dans la paix presque apocalyptique de cette nuit, dans cet instant où mort et vie se confondaient, je l'ai revu cet olivier. Il était bien plus grand et bien plus vigoureux que jamais ici il n'aurait pu. Et dans mon coeur, entre les palpables amour et joie de mon papa, ces mots uniques :

"Tu vois fiston, il est là ton olivier... Et bien en vie."

 

Publié par libou à 18:56:26 dans cot-cot-idien | Commentaires (6) |

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