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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)

C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."

Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.

Que serais-je sans vous ?


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Maître Puntila et son valet Matti | 20 avril 2007

de Bertolt Brecht par Omar Porras au Forum Meyrin jusqu'au 29 avril 2007 puis du 29 mai au 3 juin 2007 à Vidy-Lausanne. Puis encore en tournée de par le monde.

Parce qu'il a imposé son style le Porras depuis qu'il a débarqué de son Amérique du Sud abandonnant carrière sportive et militaire pour tenter sa chance au théâtre. Il a rendu visite à Grotowsky pour trouver l'expérience suffisante au bout de trois mois. Puis il a "gagné" sa vie à Paris puis à Genève avec des interventions de rue avec ou sans marionnettes et a créé à Genève avec quelques comédiens le Teatro Malandro dans le début des années nonante. Est-ce de ses vies précédentes qu'il a hérité et de l'instinct de meneur et de l'endurance ? Le fait est que c'est surtout ses nom et prénom qu'il a cherché à imposer. Et qu'il a réussi à imposer. Au diable les mécontents.

Quoi qu'il en soit, on n'en arrive sans doute pas là sans casser d'oeufs et il faut lui laisser le mérite de sa patte. A nulle autre pareille à ce que j'en ai pu voir. (Bon il est vrai que je n'ai pas vu grand chose.) En tout cas je lui dois de m'être lancé sur la voie de la scène. C'était en voyant "La visite de la vieille dame" de Dürrenmatt que le feu a pris.

Maintenant je ne sais pas si c'est parce que j'ai changé ou parce que ses spectacles se sont appauvris en s'enrichissant que je ne leur trouve plus cette magie des débuts. Au départ il me semblait qu'il n'y avait que l'énergie, une formidable énergie et le travail acharné et pointilleux. Avec déjà des masques magnifiques (souvent dessinés par son frère) et des costumes grandioses (Ils ont largement contribué au style Porras). Maintenant il y a toujours de l'énergie, du travail acharné et millimétré et mille détails esthétiques et scénographiques mais plus cette magie... Le plaisir du jeu ? L'envie d'y croire des acteurs (pourtant excellents) ? Un esprit ? Je ne sais...

Le propos me paraît se noyer dans le surplus. Surplus de mouvements, d'effets, de tape à l'oeil. L'essentiel me paraît ankylosé sous une couche d'artifice. Le fast food du théâtre m'avait dit Maximilien Urfer (cf. liens). C'est peut-être ça... en tout cas je suis resté spectateur. Pourtant aucune critique à formuler sur le jeu, les décors, la scéno. Au contraire : c'est tout très beau... techniquement.

Loin de moi l'idée de descendre ce spectacle. Il y a bien trop de travail pour que ça soit mauvais. C'est bon et même plus que ça et je trouve que c'est une esthétique à voir absolument une fois dans sa vie. Mais je crois qu'il faudrait chercher le moyen de lui rajouter davantage de verticalité.

Publié par libou à 17:49:21 dans puits à coq | Commentaires (0) |

Euh... | 18 avril 2007

Continuons sur la lancée avec cette petite pousse printanière :

"N'oublions jamais que la vie n'appartient qu'à la mort, comme les larmes aux sanglots ou les sentiments à l'inconnu. N'oublions jamais que le rien est un tout dont nous faisons partie."

Publié par libou à 00:43:09 dans carnet d'autrefois | Commentaires (9) |

Burp ! | 17 avril 2007

Ai remis la main sur un petit carnet que je traînais avec moi lors de mes sorties nocturnes il y a déjà bien des années. Ça m'a bien fait rire. Jaune parfois. Le poète maudit vous connaissez ? M'y suis bien vautré mes frères et soeurs. Et comme là j'y reprends goût (démon de midi oblige) me suis dit qu'il serait rigolo de publier quelques unes de ces réflexions pré-informatiques. Gare aux sentences :

 "Le savoir doit alimenter la fantaisie et non pas conditionner l'esprit."

Publié par libou à 14:10:44 dans carnet d'autrefois | Commentaires (4) |

Voir un Homme pleurer | 16 avril 2007

Guernica, il y a septante ans déjà. Une "éducation européenne à la Romain Gary" ? Ou alors "ici le soleil brille pour tous et on y croit" à la Noir Désir ? C'est vrai que les grandes nations n'ont plus pris les armes pour se mesurer les unes aux autres depuis 1945. Sans doute pour la période de paix apparente la plus longue jamais connue sur le vieux continent. Bien sûr on a continué d'huiler ses fusils pour des champs de bataille exilés. "La vieille Europe est la maquerelle des ballets (balais) roses" a dit la Brigitte Fontaine.

Mais il y a septante ans, il est prétendu que la guerre civile espagnole a causé plus d'un million de victimes. Des gens d'une nation semblable, des frères en somme qui se sont entretués pour des idées. "Mourir pour des idées, oui mais de mort lente" chanta le Brassens. Guerre de convictions qui a aussi servi de terrain d'essai aux nouvelles armes et stratégies militaires pour les futurs envahisseurs teutons.

Il y avait donc une émission anniversaire de Guernica. Reconstitutions historiques mêlées de paroles d'enfants de huit ou treize ans au moment des faits. Et un de ces enfants devenus vieux faisait un travail de mémoire auprès de la jeune génération. Il avait écrit une lettre à ces pilotes aveugles d'antan et la leur lisait... Plus de soixante ans déjà et une si bouleversante émotion. Ou disons plutôt : la maturité d'une émotion de tant d'années. La chaleur d'un pardon authentique. La sincérité d'un amour aussi vif que son incompréhension face à ce qui était devenu l'événement douloureux de sa vie.

Ces mains ouvertes et ces larmes retenues...

Hey ! La force de ces larmes qu'on retient, que l'on contient tant bien que mal ! Le pouvoir d'un grain de moutarde. La puissance de la transcendance. La sous-jacence de la vie, de la vraie, celle des tripes. Celle de l'offrande absolue. Celle de la simplicité totale, démunie et gratuite. Attention rien à voir avec ces larmes hollywoodiennes que l'on brandit telles des performances d'acteur aussi vides qu'ostensibles. Desquelles il ne reste qu'une satisfaction fate se balançant sous l'illusion d'un talent. Le jour où un acteur arrivera à pleurer de l'intérieur suffisamment pour que sa pudeur ne puisse empêcher ses larmes de jaillir. Le jour où un acteur saura exploser derrière une réelle retenue, où il ne confondra plus générosité et virtuosité alors peut-être que le cinéma pourra inverser nos valeurs.

Car "voir un ami pleurer"... Y a pas à dire ; ça nous soulève à repousser un horizon.

Publié par libou à 14:06:44 dans cot-cot-idien | Commentaires (6) |

bilbOK | 15 avril 2007

Suis allé à Saillon aujourd'hui, haut lieu de la culture celtique. J'avais oublié cet aspect jusqu'à ce que je découvre ce bronze. C'est aussi là qu'on trouvera "la vigne à Farinet" où certains grands de ce monde ont été invités à tripoter quelques sarments.

Saillon c'est aussi ses bains thermaux. Il y a toute une clique de ce genre de lieux en Valais. N'y ai pas farfouillé dans tous. Dommage d'ailleurs. Tiens ça pourrait être une nouvelle rubrique : les thermes. Quand on aime les mots on aime forcément les thermes. En tout cas ça ne serait pas incongru ici.

Mais les bains thermaux de Saillon c'est surtout l'espace Carpe Diem. Clair, pas facile à porter comme nom surtout quand on sait qu'on n'y porte rien. En fait c'est une succession de hamams (3) et saunas (2) avec un bassin jacuzzi au centre. Et bien mes enfants priez pour nous car je crois bien devoir vous avouer que quelque part en moi plane un vague esprit nudiste. Jamais vécu l'expérience et peut-être que j'aimerais pas ça mais dans la circonstance, déambuler en tenue d'Adam (pas tout à fait, on a un pagne) me procure un sentiment de liberté pas piqué des hanetons. L'illusion de ne plus rien devoir à personne. Quand je pense que si les indigènes avaient eu des missionnaires nous serions tous à poil je regrette que le colonialisme soit une tare "civilisée".  

Et qu'on ne m'argumente pas des soucis de température, au diable le froid ; on n'a jamais aussi chaud que quand on baisse son froc. Non ?

Publié par libou à 01:11:07 dans cot-cot-idien | Commentaires (4) |

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