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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)

C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."

Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.

Que serais-je sans vous ?


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Etre aujourd'hui... demain...non! après-demain...oui! | 20 mai 2007

La société crée les philosophies.

Le philosophe n'est rien de plus que l'observateur des évolutions.

Le génie est une question d'oeil...

Publié par libou à 23:02:22 dans carnet d'autrefois | Commentaires (4) |

Doute... | 19 mai 2007

Doute, comme à chaque fois finalement.

Déjà que je crois bien avoir l'art d'égarer la plupart de mes élèves, je crains bien que ma tentative de clarification (que je fais à la demande de mes ados) n'aura d'autre conséquence que celle de perdre totalement leurs parents.

Mais comme ce petit mot m'amuse, je le leur livrerai avec un bonheur tout à fait égal à celui que j'ai à le publier aujourd'hui :

 

Auditions 06-07 : Adolescents
21-22 et 29 mai 2007 à 19h

Chers parents,
Chers spectateurs,

Nous vous remercions tout d'abord de votre présence ; qu'elle soit obligée ou curieuse. Car en sachant ce qui vous attend nous nous accordons à trouver votre attitude téméraire... Sourire

Ce qui se déroulera sous vos yeux attentifs ne ressemblera en aucun cas à ce qu'on peut attendre d'un spectacle ordinaire. Avec un début et une fin.

Dans nos bégaiements, nous avons tout de même tenu à former une espèce de corps. Un corps unique mais tripartite.
Non que nous tentions de démontrer que toute œuvre théâtrale tende vers Dieu, celle que nous avons le plaisir de vous présenter  est néanmoins composée d'un père, d'un fils et d'un esprit saint. 

En la personne du père, nous avons associé les textes tragiques et classiques.
En celle de l'esprit saint, nous trouvons les productions éclairées des poètes.
Et dans celle du fils, des extraits du théâtre panique et cruel d'Alejandro Jodorowsky.

Voici l'ordre dans lequel ces parties ont recherché leur Unité :


- Prologue : dans l'avion (Alejandro Jodorowsky)

- Prométhée enchaîné (Eschyle)
- Hurle (Tristan Tzara)
- Hamlet (William Shakespeare)
- Les cris vains (Ghérasim Luca)
- Rien (Philippe Soupault)
- Les 2 pessimistes (Alejandro Jodorowsky)
- Antigone (Sophocle)
- Schlaf und Speise (Paul Celan)
- Roméo & Juliette (William Shakespeare)
- Qui voyez vous ? (Ghérasim Luca)
- Iles (Blaise Cendrars)
- L'optimiste et la pessimiste (Alejandro Jodorowsky)
- Voici l'âge (Jean Cocteau)
- Le prince travesti (Marivaux)
- Etre ou ne pas être (Alejandro Jodorowsky)
- Descente (Gérald Neveu)
- La princesse d'Elide (Molière)
- L'instable (Alejandro Jodorowsky)
- Les 2 optimistes (Alejandro Jodorowsky)
- Le malade imaginaire (Molière)
- La morphologie de la métamorphose (Ghérasim Luca)

Comme les voies de l'Un sont impénétrables, il est fort probable que vous vous perdiez en route. Ceci est normal et sans conséquence. Soyez donc prêts à l'égarement.
« Nous vous souhaitons une excellente tempête et beaucoup d'agréables secousses. »

Et pour les Valaisans qui liraient le mot c'est au Teatro Comico à Sion et c'est tout public...

 

Publié par libou à 17:10:12 dans cot-cot-idien | Commentaires (11) |

La vie des autres | 18 mai 2007

Journée idéale pour revenir sur ce film dont j'ai été frustré du commentaire ce dimanche passé. En fait je n'avais pas saisi, sur l'instant, à quel point j'avais fait corps avec le sujet. J'ai vécu la censure des dictatures en direct. Et c'est le veto que blogg m'imposa aujourd'hui qui me mit sur la piste. (Car il semble bien que la panne soit réparée.) Nous nous imaginons toucher du doigt le village global par l'infini biaisé de la toile pour nous apercevoir en être les marionnettes inconscientes. Et tous ces moteurs qui gèrent nos publications ont ceci de bien plus pervers qu'ils nous imposent leur loi de manière purement arbitraire.

C'est d'ailleurs tout à fait suite à leur influence si cette promenade autour de "La vie des autres" ne ressemble en rien à celle qui la précéda dimanche et qu'on euthanasia sans vergogne. Je suis un être manipulé...

Tout comme vous tous en général ou ces personnages de "La vie des autres" en particulier. Y a-t-il une seule personne sur cette terre qui à aucun moment n'ait à subir une influence quelconque ? Nous sommes toujours plus ou moins soumis au cadre dans lequel nous évoluons. Ou tentons d'évoluer selon le cadre qui nous conditionne. Aïe, aïe, aïe. Et là il faut bien avouer que nous sommes foutrement bien lotis. Même si notre évolution n'est en fait point la nôtre propre mais celle de l'air du temps. Nous pouvons nous targuer de (l'illusion de) la liberté.

Donc les personnages de "La vie des autres" sont magnifiquement bien interprétés dans leurs rôles de anti-héros ou de héros ordinaires... Affolant de constater notre responsabilité sur l'état actuel de notre monde ; il suffit bien d'un nombre suffisant d'adhérents à une idée pour qu'elle devienne la norme. Norme qu'il faudra bien sûr maintenir à tout prix et contre vents et marées puisque zut on y a adhéré quoi, et que c'est tout autour d'elle qu'on a construit notre vie... Réjouissant de constater que si nous sommes responsables de nos erreurs, certains murs ont quand même pu tomber (le scénario déroule son fil à Berlin est avant la faillite de l'empire communiste.). Et que du coup il n'y a pas de raison que ces autres murs, sur lesquels nous nous écorchons les doigts, ne cèdent pas à leur tour.

Si le principe de la norme fait la part belle à l'esprit ultra-libéral qui caractérise notre société d'aujourd'hui, il n'y a pas de raison qu'il perdure indéfiniment ou jusqu'à ce qu'il se soit mangé lui-même.

Point de victimes dans ce film car même les bourreaux sont victimes d'eux-mêmes. Bien sûr il y a toute l'arrogance du pouvoir. Il y a ce sentiment d'injustice qui nous prend aux tripes grave. Mais ce n'est pas un pouvoir qui rend heureux. D'ailleurs personne n'est heureux dans ce film. Tout évolue dans ce même gris que celui du ciel. Ciel en rideau de fer. Que des souffrances. Souffrance des droits bafoués, de la suspicion permanente. De ces sentiments sur lesquels il est impossible d'agir. Des ces rêves qu'on croit dépendre des autres.

En tout cas "La vie des autres" est un film à voir. Un moment béni qui nous laisse tout remplis quand les lumières se rallument.

Publié par libou à 20:35:54 dans cinémoi | Commentaires (0) |

old blog ? | 18 mai 2007

Je n'arrive plus à laisser le moindre commentaire sur mon propre blog.

Serait-il déjà obsolète ?

En tout cas apparemment il compense son veto en multipliant les petits pains externes.

Mon blog serait-il devenu intelligent ? Pratiquant une sélection de survie ?

Publié par libou à 16:03:19 dans cot-cot-idien | Commentaires (6) |

Bêêêêê | 17 mai 2007

Vingt-sept ans de Maximilien hier. Expédition serrée pour La grande peur dans la montagne, magnifique petite pension de quatorze lits sise aux Haudères, (ouah si ça fait pas prospectus de vacances ça à moi la peur...) espèce de bled encastré au fin fond du val d'Hérens. Bien sûr, il n'y a qu'un féru de textes qui pouvait ainsi baptiser ses chambres d'hôtes. Chaque chambre porte d'ailleurs le nom d'un auteur suisse. Madeleine et Patrick Rossier (C'est lui qu'est sur la photo voui, voui) nous y ont reçus pour une tablée de bavardages enflammés. Parce qu'il parle le Patrick, et il parle mots. Ces mots qu'il passe les nuits à assembler. Première tentative romanesque après son recueil de nouvelles.

Décor posé pour une petit ballade dans les prophéties valaisannes. Car le Valaisan est un prophète, il porte haut le verbe sentencieux. Mon père en était un spécialiste. Phrases lapidaires et sans appel tombant comme un couperet sur toute velléité de réponse. Le Valaisan parle peu mais quand il parle il frappe. Patrick en déduisit la conséquence d'une éducation catholique refermée sur elle-même, conservée à l'étroit de ses vallées multiples. Car le Valais est vallées. Catholicisme dogmatique à l'opposé d'un protestantisme peut-être encore austère mais quand même plus discursif, pour avoir déjà une fois remis en question l'infaillibilité papale. Et surtout à l'opposé de religions franchement dialectiques comme le judaïsme où le texte est trituré, retourné, cuisiné. Et ce dès l'enfance. L'éducation religieuse que nous avons connue, Patrick et moi, ne se prêtait pas au discours. Elle était assimilation et recrachage. Elle était vérité brute. Elle avait la valeur absolue des prophéties.

D'où un grand amusement au regard de mon carnet d'autrefois dont je vous ressers les extraits depuis quelque temps. Comment ne pas faire de rapprochement entre la nature profonde et bourrue du Valaisan que je suis par définition et ces petites maximes issues de ma rage post-adolescente et balancées avec la satisfaction des évidences ? Rien de plus déterminé finalement dans ce comportement. Je suis issu du dogme. Enfant de la morale. Au commencement était le Verbe... et nous l'avons figé.

Pourtant, je les trouve amusantes par ce qu'elles provoquent, ces petites phrases. Déjà chez moi. Ce n'est pas évident de les ressortir, justement dans ce qu'elles ont de catégorique. Je dois me faire violence. Mais elles ont tout autant un caractère définitif que partiel. Et c'est là leur intérêt, parce que c'est finalement dans ce qu'elles ont de partiel qu'elles paraissent définitives. Ce qui nous ramène à la fonction provocatrice de la prophétie dont la démarche se trouve à l'inverse de celle de la maïeutique socratique. Mais dont l'objectif devrait être similaire. La maïeutique suscite la réflexion, crée la discussion car elle n'autorise pas les réponses toutes faites. La prophétie quant à elle ouvre la réflexion dans ce qu'elle a de fermé. Son caractère propre provoque une ouverture, elle provoque une remise en question. Comme un appel d'air.

Et comme rien de vaut l'exemple pour illustrer un propos, je vous livre tout de go la prophétie de la soirée, la prophétie de Patrick (On est Valaisan ou on ne l'est pas - et lui l'est...) : En Valais il y a 10% de prophètes qui se taisent pour 90% de moutons qui bêlent. Ce qui m'amène à la déduction douloureuse de mon changement de catégorie. Je suis passé du prophète post-adolescent qui se taisait sur son petit carnet au mouton qui bêle tout ça dix ans plus tard. Bêêêê !

Publié par libou à 16:19:16 dans cot-cot-idien | Commentaires (25) |

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