• Jour VIII (1)

    Ça y est. Ça sent la fin ; le retour à la vie. Enfin à l'autre vie. Celle mêlée de vies. Celle qui n'est plus uniquement dépendante des éléments naturels. Celle qui exige une participation active de notre part. Celle qui ne se contente pas d'un regard extérieur et contemplatif. Celle où un rôle doit être tenu, est attendu. Celle où les conséquences débordent de notre seule bulle.
    Rêves cette nuit de ces choses que j'étais venu oublier mais dont le témoin est resté éveillé, là dans ce fleuve, dans ce lac au-delà de cette source où je suis venu boire.
    Il s'agira d'en conserver la pureté le plus longtemps possible.
    Peut-être qu'en la choyant il est possible de la rendre plus abondante que toute l'eau des mers...
    Pour l'instant c'est l'inverse qui s'est produit.

    Le ciel paraît dégagé. Les articulations des genoux signalent la sollicitude à laquelle elles sont soumises par une inflammation engourdie.
    Je me dis que ça s'atténuera dans l'effort. En attendant le Mt-Bonvin encore trop enneigé, je suis irrésistiblement poussé vers le Schwarzhorn. Le sommet n'est pas moins haut mais comme je prétends y accéder par les chemins balisés je me dis que ça ira.
    La neige est encore bien abondante les 500 derniers mètres de dénivellation et mes chaussettes sont trempes avant le col quelque 100 mètres au-dessous du sommet. Le col redescend sur la Lämmerenhütte au-dessus de Loèche-les-Bains. A mon portable il est 13h et la cabane est indiquée à 1h30. Si je ne traîne pas, je serai de retour pour 20h au plus tard. Je ne résiste pas à l'idée d'un café et me lance.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :