• Encore une nuit sans fermer l'oeil

    Encore une nuit sans fermer l'oeil.
    Des mégots partout jusque dans mon lit
    jusque dans mon ventre.
    Les clopes je ne les fume plus je les avale vivantes comme ces petits vers qui grouillent à l'intérieur de ma pensée.
    Il fait déjà jour.
    Je lâche un gros pet mystique.
    J'aime cette vie.
    Cette vie souterraine.
    Cette vie transitoire.
    Un mouchoir traîne : j'y fais un noeud
    pour ne pas oublier de revenir à cette vie si je m'endors.
    C'est drôle tous ces mouchoirs pleins de noeuds...
    Tous ces noeuds aux fenêtres.
    Toutes ces fenêtres qui clignotent tandis que je cherche en vain le sommeil.
    J'aime cet instant de la vie qui s'arrête
    cet instant hors du temps poisseux et de la raison.
    Je me lève pour aller pisser.
    Le jour point jusque dans ma culotte.
    La chasse d'eau siffle un air de jazz.
    Si ma mère était vivante elle me dirait : pourquoi ne dors-tu pas ?
    Elle m'imagine encore à l'intérieur de sa bulle.
    Ce n'est pas ainsi que je suis venu au monde.
    Je suis tombé du ciel au fond d'une cuvette de W-C.
    Au fait pourquoi est-ce que je ne dors pas ?
    Ai-je trop espéré de la vie ? Trop ?
    Trop bandé pour elle ?
    Il faut que je jouisse !
    Dormir ! il faut que je dorme !
    Si ma mère était vivante
    elle me prendrait dans ses bras
    et me bercerait.

    Vital Bender


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