• Division familiale : Critique du 24h

    On n'ira pas par quatre chemins : Division familiale est un des plus beaux chocs théâtraux de ces dernières années. Sur scène, le minimum. Une table, quelques chaises, un grand carré dessiné au sol par des néons. Espace ritualisé, ring ouvert où se déchirent les membres d'une famille endeuillée. Le père est mort. Suicide, apprendra-t-on. "Il faut parler, parler", scande la mère bientôt gagnée par la folie. "Il faut sortir tout ça." Dans un tourbillon déchaîné, la pièce fait valser ses éclats de noirceur : une souris écrasée, un shoot dans une veine, des oiseaux qui s'arrêtent de chanter... Bientôt la parole se déglingue à son tour. Elle devient rire ou hurlement, comme une oraison déchiquetée, où ne submergent que des bribes de phrases, paroles répétitives, dans un jeu de superpositions vertigineux. Division familiale sait aussi se faire tendre et pudique, comme un moment de silence hésitant. A la limite de la transgression, sublimée par une poésie très efficace, cette pièce doit aussi sa force à ses cinq comédiens qui se révèlent aussi troublants que percutants.

    Anne-Sylvie Sprenger


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