Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Tout ce bois mort pour rien.
La chaleur se vit dans les tripes.
J'ai l'abdomen fugace
et la langue de bois vert.
Déflagration !
Chapeau de travers.
La vie se mord la queue.
La vie...
J'éternue.
Un souffle attise le brasier.
C'est toute ma vie qui part en fumée.
La sonnerie du téléphone
retentit dans mon encéphale.
Je décroche celui-ci.
Cette voix à l'intérieur de mon crâne
qui me dit : change de vie change
de mort. Ou tue-toi !
Les arbres sont vivants.
Mutation ! mutation !
Qui me reconnaîtra ? qui ?
Les vers de terre sont vivants.
J'ai posé ma tête sur un guéridon.
Je la tourne dans tous les sens.
La lance en l'air.
La rattrape d'une main.
Puis l'autre.
Qui m'aimera encore ? qui ?
Je prends mon crâne à pleines mains
le secoue jusqu'à ce que les yeux en tombent.
Billes de verre.
Billes de feu.
Je suis aveugle.
La matière plastique est-elle vivante ?
Qui me comprendra encore ? qui ?
Je remets ma tête à sa place.
Elle s'ajuste mal.
Tant pis !
J'allume un grand feu
au milieu d'un couloir interne.
Une taupe survient.
La chaleur se vit sous la terre.
Je lui montre ma tête mal emboîtée.
Elle ne se soucie guère de ce qui apparaît en surface.
Sa conscience est ailleurs.
Ailleurs...
Elle fume une pipe d'écume rouge.
Me regarde fixement.
Je remarque qu'elle n'a pas de tête.
Deux petits trous de chaque côté du nombril.
Un autre trou dans la glotte
à l'intérieur duquel elle enfonce sa pipe.
Petite intrusion dans le monde des vivants...
Feu de bois.
Feu de tripes.
Feu !
Qui me surprendra encore ? qui ?
Des bulles d'air chaud courent le long de mon oesophage.
La vie est un bain de mémoire perpétuel.
Au secours ! au secours !
C'est ma raison qui flambe !
Mon passé tombe en ruine.
Je réintègre mon centre rouge.
Je suis vivant.
Vital Bender
Publié par libou à 12:13:37 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) | Permaliens
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