Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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<< Un ciel doué de raison | Victor Jara | horaire >>
Victor Jara est mort quelques mois après ma naissance. Je me souviens avoir entendu cette histoire d'un musicien à qui on avait demandé de jouer de la guitare après lui avoir coupé les doigts. Tout ceci avait glissé dans les espaces de l'oubli jusqu'à ces derniers jours où sans le savoir c'est lui que j'entendais en cours de montage de chapiteau. Il nous arrive d'écouter quelques disques en travaillant à la bonne marche de notre tournée de Peer Gynt. Cette voix à la fois puissante et pure m'est allée droit à l'interne. Comme ces choses qui se passent sans qu'on y prête garde. Comme l'amour qui nous surprend à gauche quand on regarde à droite.
Depuis il tourne en boucle. Et ce sans saisir plus de trois mots d'espagnol. Et même sans sa poésie, parait-il remarquable, il est vrai qu'il peut déranger. Il trimballe derrière ses notes une telle charge émotionnelle que beaucoup peuvent la trouver insupportable, les enfonçant dans une mélancolie rare.
Victor Jara est de ces artistes engagés qui portent en eux le moteur de leur lutte. Il nous confronte à ce vide qui nous grignote et que nous fardons de mille artifices. Mais il a le mérite de nous y confronter. Il a le mérite de nous empêcher de tricher. Il nous tend ce vide comme on nous tendrait un miroir. Parce qu'il le connaît suffisamment pour savoir qu'en prenant la peine de s'y arrêter on ne peut y tomber puisque déjà nous nous y trouvons. Parce qu'il sait que ce vide est plein mais que cette plénitude ne peut être appréhendée que par le courage de l'insistance. Comme dans le noir total, nos yeux finissent par laisser naître les formes. Comme dans le noir total, des moyens à inventer nous permettent d'en découvrir les trésors. Ou mieux : leur essence.
Publié par libou à 15:05:13 dans cot-cot-idien | Commentaires (2) | Permaliens
14-07-2008 10:51
De Joël Sujet:
Jara
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