Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Ce n'est pas la première version que j'ai lue. Pas celle qui a été retouchée pour sa publication en 1905. C'est la définitive, celle de ses oeuvres complètes, corrigée à l'occasion de chaque nouvelle réédition.
Cependant il restait en appendice la fin qu'il n'a pas gardée.
J'ai trouvé fascinant de pouvoir opposer les deux styles d'écriture. Celui plus hésitant, pas encore affirmé, toujours en recherche, de ses premières années et celui limpide et libéré de l'âge mûr. Celui du premier jet soucieux de vraisemblance et celui épuré de la maturité. Car il s'agit bien d'épuration, du passage d'une première ébauche attentive aux impératifs de la logique à une peinture expressionniste qui trace davantage le contour des âmes que des objets. Ou, comment glisser du quotidien à l'universel, du particulier au cosmique...
Car Ramuz s'efface derrière le récit, il en devient simple résonateur, il en devient le serviteur. Suivant la lente poussée de l'inéluctable qui se décline avec la sobriété de ses métaphores presque enfantines mais d'une force expressive hallucinante. Il est l'humble spectateur de son récit, se contentant de le transcrire avec force et élégance. On constate juste son impuissante compassion devant la tragédie de l'héroïne. On sent juste son amour et sa tendresse devant cette Aline qui ne pourra pas plus éviter le pire que la terre modifier sa course céleste. Et on tombe avec elle, retenant avec d'autant plus de peine écoeurement et jugement que Ramuz les a bânis de son roman, nous laissant juste les supputer à travers les événements.
Et pourtant ça avait bien commencé. Comme une histoire d'amour...
Publié par libou à 16:14:06 dans lité-raclure | Commentaires (0) | Permaliens
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