Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
Depuis le 08-03-2007 :
398513 visiteurs
Depuis le début du mois :
5577 visiteurs
Billets :
319 billets
Au terme de cette même journée, un petit singe que je rencontre sur une éminence rocheuse me fait part de sa tristesse face à ce panorama grumeleux, chaotique, au fond duquel, dit-il, il ne reconnaît plus son enfance. Je le rassure et il poursuit sa route en psalmodiant, fouillant l'horizon de ses yeux trop clairs jusqu'à ce qu'une tache noire apparaisse sur sa rétine et qu'une vieille femme excessivement voûtée lui ordonne de réintégrer sa cage dont les barreaux sont constitués de rayons très lumineux qui l'obligent à tourner le dos à la mer. Je n'oublierai jamais cet instant où il a baissé les yeux sur la rocaille pour ne pas avoir à répondre à cette question qui me brûlait les lèvres. Car l'enfance des petits singes demeurera toujours pour moi un mystère.
Vital Bender
Publié par libou à 11:40:04 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) | Permaliens
La peur est subjective et la conscience objective...
Publié par libou à 17:06:21 dans carnet d'autrefois | Commentaires (1) | Permaliens
Me faufiler à l'intérieur de ce crâne... Pouvoir un jour saisir toutes les subtilités de ce mécanisme qui fait que l'on pense, après avoir couvert de pleurs la pendule, et dériver, dériver (dérive...) oh ! qu'espéré-je à la fin ? La petite flamme facille, éclairant à peine une encoignure où une araignée tisse sa toile entre mes omoplates. Au moindre mouvement, le sol s'entrouvre, le plafond s'émiette, l'araignée regagne ma bouche et décidément je ne saurai jamais l'éclat ni la douceur de cette chevelure quand la pendule sonne l'heure des morts passant à travers les murs, comme ces fantômes pour lesquels je ne veux plus écrire.
Vital Bender
Publié par libou à 13:15:02 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) | Permaliens
M'y prends à nouveau au dernier moment. Me laisse avoir par les exigences du sprint final. Mais cette fois on y est. Je crois qu'on peut dire que ce n'est pas vraiment une pièce facile à accoucher. C'est même au forceps qu'on lui a extrait la tête de l'eau. Mais là on y est. Ce soir c'est la première. Puis c'est parti pour une longue série de représentations dont vous trouverez tous les détails sur le site des Osses .
Donc l'Orestie d'Eschyle, quelque peu rajeuni par Isabelle Daccord. Car depuis 2500 ans le théâtre a un peu bougé. La plus ancienne pièce qui nous soit parvenue. En fait il s'agit de trois pièces : Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides. Dans la première on assiste à la vengeance de la mère qui trucide gaiement son mari de retour vainqueur de la guerre de Troie parce qu'il a sacrifié à la guerre leur fille Iphigénie. Dans les Choéphores c'est leurs enfants, Oreste et Electre qui massacrent leur mère et son amant pour venger le père. Et dans le dernier volet, on assiste à l'avènement de la justice moderne, inaugurée par Athéna, qui libère les enfants du poids de la culpabilité.
L'avènement de la démocratie qui s'oppose à la loi des pulsions en somme.
Ce qui fut délicat dans sa confrontation à la scène c'est justement les trois tons bien propres à chacune des trois parties. Trouver une unité. Et que celle-ci résiste sur toute la distance. Souvent quand nous pensions avoir résolu un résistance, une nouvelle découlait du changement effectué et tout l'équilibre s'en voyait bouleversé. Tout était à recommencer.
Je ne sais pas si c'est la tragédie d'une manière globale ou l'Orestie en particulier mais théâtralement, pour moi, je crois bien que c'était une expérience essentielle. Très heureux d'avoir été confronté à ça...
Publié par libou à 14:51:59 dans puits à coq | Commentaires (6) | Permaliens
Tout cet appel à la violence, à l'intolérance, ne peut trouver une source temporelle. Je ne peux comprendre tous les champs de bataille qui parsèment la Bible, cet adversaire irrémédiablement souillé, jamais assez mort, que dans un théâtre intérieur. C'est en admettant l'existence du pôle négatif et du combat qu'il sait perdu d'avance mais qu'il mène quand même qu'on peut imaginer une lutte impitoyable, l'autre restant toujours lui-même, dans un rôle attribué dès le départ.
Et je crois que cet ennemi, cette redoutable force malfaisante que l'on doit vaincre pour y établir la loi de Dieu, la terre de Dieu, est celle qui balance notre âme. Celle qui, connaissant sa défaite certaine, accepte son attribution jusqu'au bout.
Où la figure du rebelle trouve-t-elle alors autant de séduction ? Est-ce dans son opposition au conformisme, à l'habitude, au pharisaïsme ? Puisqu'il est évident que nous ne vivons pas dans un monde parfait, où situer le révolté dans une promiscuité aux valeurs bouleversées, à la violence glorifiée ? Et si Dieu n'était pas là où les hommes l'ont mis ? Est-il exact de se soulever contre ce qui n'est pas Dieu ? Est-il exact de courber l'échine devant ce qui n'est pas Dieu ?
Méfions-nous de ceux qui ont raison quand la raison se heurte aux sentiments. Rien ne nous dit qu'ils n'ont pas tort et que dans ce monde surformaté leur raison ne nous éloignerait pas de nous-mêmes.
Publié par libou à 13:56:40 dans psaum-ades | Commentaires (2) | Permaliens
Commentaires