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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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L'oeil d'Oedipe

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destin | 30 juin 2007

"N'écoute pas ce sont des balivernes".

C'est le mot que Joël aurait voulu dire au jeune Alain Bagnoud quand il lisait son dernier roman : La leçon de choses en un jour qui raconte la journée d'un jeune garçon le jour de ses sept ans. Je ne veux pas trop en parler car je ne l'ai pas encore lu. On me l'a enlevé en mon absence. C'est d'ailleurs le lot des bouquins d'Alain qui ont la fâcheuse tendance d'être "empruntés" à chaque visite :

Il est Valaisan le gars qui a écrit ça ? Ah c'est ton cousin (neveu, selon l'interlocuteur) ? Tu me le prêtes ça m'intéresse ?

On peut bien arguer qu'il se trouve en librairie, on ne nous gratifie que d'une sourde oreille tandis que le bouquin disparaît (à jamais ?) dans un quelconque sac.

Joël donc, en découvrant les discours de convention matraqués par la maîtresse d'école au jeune héros avait envie de lui placer ce fameux "Nécoute pas ce sont des balivernes". 

Et bien sachez que si les époques changent les discours demeurent. Comme ces choses parfois bien plus laides qu'on a subies avec horreur et qu'on reproduit à l'âge adulte, ces principes honnis avec raison ont la curieuse habitude de jaillir comme un diable de sa boîte à tous les détours de conversation. Car cette histoire m'a rappelé une anecdote vécue il y a fort peu.

Une grand-mère qui avait croisé son petit-fils lui balançait avec une écoeurante insistance les lieux-communs des bonnes manières. Il n'avait rien fait le pauvre hormis l'erreur de la croiser. Rien. Et toute cette violence du conformisme ramassée en pleine poire. "Faut bien travailler, en travaillant on arrive, l'école c'est important....." Il n'avait rien demandé le pauvre, il suivait juste son chemin. Et elle qui insistait, qui resserrait les noeuds de son piège. Si bien que tout à coup, à bout de résistance, il a fondu en larmes.

Comme je l'ai compris ce petit. Quel élan de compassion ! J'aurais voulu me cacher au prochain virage pour le tirer hors du sentier battu et le lui dire : "N'écoute pas ce sont des balivernes." Lui donner l'accolade et tenter de lui montrer la lueur du soleil là-bas dans le nébuleux de l'avenir...


Bien sûr ; je ne l'ai pas fait.

Publié par libou à 20:00:15 dans cot-cot-idien | Commentaires (2) |

Psaume III | 30 juin 2007

Me souviens pas que j'étais si torturé à l'époque.

Pourtant faut bien le croire... Un vrai petit Werther.

"Que mes chutes sont innombrables ! Sur le chemin de Ta mort Tu n'es tombé que trois fois. Sur le chemin de ma vie, je ne cesse de commettre toujours les mêmes fautes et de me languir de de désespoir.

Ma tête est vide.

Toi que j'appelle Beauté, Toi que j'appelle Perfection ! Pourquoi Ton idée est-elle si vague ? Si tout pouvait seulement se préciser définitivement, unanimement. Si seulement j'arrêtais de boire (eh oui déjà...) pour commencer à sourire (ça peut être compatible...). Trouver la force, la justice et l'amour pour vaincre mes démons, pour ne plus tomber et croire en l'accomplissement. 

(Pas facile de publier ça. J'ai juste envie de donner à ce René-Claude-là une bonne paire de claques avant de l'envoyer au lit sans souper...)

Publié par libou à 18:50:33 dans psaum-ades | Commentaires (6) |

Rencontre | 28 juin 2007

Une biche magnifique a ralenti ma course impatiente vers le moelleux de ma couche.

Et ce n'est pas une métaphore.

Elle traversait la route en toute quiétude sans accorder le moindre intérêt au plein feux de mes phares.

Une biche quoi...

Publié par libou à 02:48:42 dans cot-cot-idien | Commentaires (10) |

alcool | 27 juin 2007

J'avais juste envie d'exprimer ma gratitude envers la Vie.

Ca fait quelque temps que le thème de la dépendance réapparaît dans mes posts. Témoignage d'un questionnement que le Hasard (seuls ceux qui y mettent une minuscule n'y croient pas...) me permet d'entreprendre à bras le corps. On m'a offert la chance d'interpréter l'Acteur dans les Bas-Fonds de Gorki. Détruit par l'alcool. Dépendant au dernier stade. Dont un sevrage signifierait delirium tremens.

Au-delà des inquiétudes qu'implique l'abord d'un tel rôle, autant par rapport à mes propres démons que par rapport au travail d'acteur, j'ai là l'occasion de tenter d'éprouver physiquement un questionnement intellectuel. De passer de l'Esprit au Corps pour donner à entendre le Verbe de la manière la plus sincère qui soit. Ou en tout cas dont je sois capable. Et ce, sans nécessairement y laisser ma peau...

Et je trouve ça merveilleux ! Comme si tout s'imbriquait d'une manière parfaite.

La Vie donne parfois ce sentiment d'extrême justesse. Et elle prend alors un goût délicat et vivifiant. Une idée de complétude.

Bien sûr ça ne dure pas. Mais la mémoire de ces moments est utile dans les instants de séparation.

(Vous avez en photographie la mise en scène de Stanislavski avec lui-même au centre. En 1902)

Publié par libou à 16:26:38 dans cot-cot-idien | Commentaires (4) |

corpus dei | 26 juin 2007

En feuilletant mon carnet d'autrefois je suis tombé sur une phrase qui fit référence à la discussion que quelques amis et moi avons partagée hier soir. Au gré des sujets nous sommes tombés sur ce coup de filet récent des membres d'un réseau pédophile. Je n'ai pas bien suivi l'affaire mais ce n'était point là l'important.

Bien sûr quand on parle pédophilie ce sont toujours les mêmes dégoûts qui renaissent, le mêmes révoltes qui s'ébranlent. Et cette incompréhension générale. (Qui ne serait jamais contestée en public car comme toutes les déviances, la pédophilie se vit dans le secret des coeurs...)

Mais quel est-il ce coeur rongé par ce désir inadmissible ? Comment ce désir peut-il petit à petit faire son nid là, dans l'intimité de l'être humain ? Et devenir si fort pour qu'on cherche à le satisfaire... Pour qu'on ne puisse s'empêcher de le satisfaire...

Et quel combat pour la victime de ce désir ! Car je ne peux pas m'imaginer qu'elle ne s'en défend pas. Et le combat doit être titanesque. Heureusement que vous m'avez arrêté, moi-même je n'en étais pas capable avait dit le "sadique de Romont".

Face à de telles phrases, je crois que nous pouvons nous estimer heureux d'avoir des maladies admises. D'avoir le désir conforme. Car si évidemment ceci est intolérable et bien davantage que la souffrance de la personne qui passe à l'acte, je n'aimerais pas avoir à mener cette lutte interne là. Comme le dit mon carnet d'autrefois :

Le corps a ses pulsions que la raison ne raisonne point.

Publié par libou à 18:09:39 dans carnet d'autrefois | Commentaires (9) |

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