Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Elle avait débarqué dans le bureau avec l'aplomb que donne une conviction. Et sans hésitation à S. "Faut voir la pièce qu'on joue à La Comédie." Et hop de déposer le fascicule de présentation devant ses yeux.
C'est vrai que l'aplomb d'un être conquis vaut tous les commentaires et, dispositions prises, je décidai de m'y rendre. J'ai toujours une vive curiosité, quand un spectacle plaît, d'essayer d'en déterminer les raisons. De plus les goûts sont très révélateurs d'une personne. Non que cette personne, que d'ailleurs je ne connais pas, ait pu m'intéresser en soi mais les goûts du milieu que je lui prête m'intriguent. Comme ceux de tous les milieux pour être sincère. Il est fascinant de voir ce qui déplace les foules. C'est toujours un bon indicateur des sociétés. Et en voyant ce qui explose le box office aujourd'hui c'est somme toute assez inquiétant non ? (Même si il y a parfois de bonnes surprises.) Tout comme quand on réalise quel candidat récolte la majorité des suffrages... Ca ne surprend pas vraiment mais ça effraie sensiblement. (Même si ça pourrait être pire me direz-vous.)
Position prise dans une salle honorablement remplie d'un public majoritairement supérieur à la quarantaine. (Journée adverbes on dirait.) Bon, nous sommes à La Comédie qui reste quand même le pôle de l'institution théâtrale genevoise.
Et là, rebelotte ! Tout comme à Bord de mer, ce terrible coup de barre qui m'assaille en traître. Et pas une seule goutte de "Rouge de terre".
La crainte de ne plus résister à aucune pièce, de m'endormir à chaque fois à peine le cul posé, d'avoir le syndrome bedonnant, la mononucléose, l'hypocondrie... Que sais-je... Quand tout à coup en divers points de la salle ces cris du public : "Plus fort !" "On n'entend rien !" "Plus fort !" à quoi le comédien de répondre un peu plus tard par sa réplique écrite : "Schhht pas trop fort !" : Ils fomentaient une sédition. Ca m'a beaucoup fait rire et m'a mis de bonne humeur le temps nécessaire pour que l'histoire m'embarque.
Dispositif impressionnant quand on a de l'argent : treize comédiens, et une cinquantaine de personnes dans le staff technique ! Et c'est vrai que ça donne. Soutien sonore propre et vidéos bien choisies. Tantôt projetées sur le décor, tantôt sur un tulle baissé en avant scène et qui peut constituer de nouveau décor. Ca a de l'effet mais sans que ça soit de l'effet. Y a des moyens mais ils restent au service de l'histoire. Belles inventions de mise en scène et d'éclairage. Je ne me suis pas lassé alors que trop de démonstration peut avoir le propre de m'agacer. C'était bien pesé, réglé comme du papier à musique et en plus bien écrit.
Je craignais un peu un texte trop théorique ce qui a souvent été le cas dans le théâtre militant, davantage au service des arguments que des émotions. Ernst Toller ne s'est pas heurté à cet écueil et faites seulement un tour chez lui, c'est un personnage paradoxal et fascinant. En tout cas ça m'a donné envie de le découvrir. D'autant que le metteur en scène a mêlé à la pièce d'autres textes du monsieur.
Donc, même si je pense que ce spectacle peut toucher un public plus large que celui présent, mes goûts rentrent dans ceux de cette personne et si je l'associe à son milieu supposé, je devrais être un intello... Ouais... On va y réfléchir.
Publié par libou à 20:07:04 dans puits à coq | Commentaires (0) | Permaliens
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