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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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L'oeil d'Oedipe

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Stop | 31 mai 2007

C'est un sujet d'investigation comme vous aurez pu le remarquer si tant est que vous me lisez depuis quelque temps.

Je ne plagierai pas Monsieur Lowenstein puisque je ne citerai de son ouvrage que deux extraits qu'il a empruntés à deux autres auteurs. Sur son chapitre relatif au cannabis.

Tout d'abord celui-ci de Charles Baudelaire qui a passablement exploré la thématique dans "Du vin et du haschich" : Les sens deviennent d'une finesse et d'une acuité extraordinaires. Les yeux percent l'infini. L'oreille perçoit les sons les plus insaisissables au milieu des bruits les plus aigus.

Ou cet autre extrait de Jacques-Joseph Moreau, présenté comme le précurseur de la psychiatrie expérimentale, et consommateur de cannabis dans "Du haschich et de l'aliénation mentale" : Ces idées...qui viennent on ne sait d'où, deviennent de plus en plus nombreuses, plus vives, plus saisissantes. Le sens de l'ouïe, comme tous les autres sens, est rendu extraordinairement impressionnable par l'action du haschich... La musique la plus grossière... vous exalte jusqu'au délire ou vous plonge dans une douce mélancolie. Le temps semble d'abord se traîner avec une lenteur qui désespère... Toute idée précise de durée nous échappe, le passé et le présent se confondent.

"De quoi comprendre le succès du cannabis" a dit Monsieur Lowenstein.

C'est vrai qu'en lisant ces italiques on a similitude avec les récits d'illumination tout comme on se retrouve tout droit plongés dans la grande époque d'easy rider et des explorations psychédéliques.

Mais si j'ai choisi ces passages c'est parce que leur effet madeleine m'a reporté à une époque bien particulière. Une époque où j'ai consommé ce genre de produit et force alcool sous toutes les façons. Même si question alcool, je résiste toujours mal à un bon verre de délicatesse. Le Valais est un pays vinicole. C'est en lisant qu'on pèche, en buvant on fait son devoir. Donc j'équilibre... Une époque en gris-vert. Car j'ai fait l'armée Monsieur, Dame. Assurément. Période fort trouble où les paradis artificiels me furent d'un grand secours. Du moins pour masquer ma couardise d'avoir accepté de me plier à cette institution de la bêtise.

En tout cas, grâce à cet épisode malheureux, j'ai eu l'opportunité (on dira ça comme ça.) de vérifier la véracité des passages de Baudelaire et Moreau. C'était à l'occasion d'une marche de campagne. Nous nous étions laissés distancer, un collègue et moi, pour pouvoir déguster notre biniou en toute impunité. Puis baladeur sur les oreilles (ce que je ne fais jamais d'ordinaire par souci de présence à l'instant) nous avons resserré le groupe.

C'est précisément le morceau de Led Zeppelin posé au-dessus de vous qui rythmait mes pas. Et, par un magnifique concours de circonstance, c'est au moment du solo de guitare (que Led Zeppelin nous amène comme on approche l'orgasme...), tandis que j'atteignais le sommet de la colline, qu'au fil de mes pas, une lune orange, pleine et gigantesque naquit là sous mes yeux émerveillés. Un miracle. Elle prenait tout le ciel.

Je peux vous dire qu'à cet instant, Madame Monsieur, les sens exaspérés par le haschich, l'orgasme d'Achilles Last Stand, le ridicule de notre condition d'hommes armés et la lune... LA LUNE.... LA LUNE..... 

Une joie ! Pure, nette, et authentique. Le coeur en boule magique à l'intérieur. Et les larmes... Et l'envie de crier.... Et de voguer jusqu'à Pierrot là-haut, de l'embrasser sur les deux joues ! Libre ! Tellement libre ! Je volais Mesdames, Messieurs. Je volais.

Je volais et j'étais bien seul dans mon extase ce jour-là. Seul mais plein.

Puis le train train militaire reprit son cours avec son lot d'imbéciles contradictions. Mais depuis cette magie jusqu'au dernier jour ça n'a plus été tout à fait pareil.

Non.

Parce que quelque part, derrière les barbelés de l'idiotie, je savais.

Je savais.

Publié par libou à 17:06:40 dans cot-cot-idien | Commentaires (3) |