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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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Ils étaient tous mes fils | 07 avril 2007

Ca sera jusqu'à la fin du mois à la laiterie du Bourg à Martigny-Bourg. Pièce d'Arthur Miller. Davantage connu en Europe pour avoir épousé Marilyn Monroe que pour ses activités dramaturgiques. A ne pas confondre avec l'Henri Miller des Sexus & Co. Pourtant c'était une star au pays des stars. Ses pièces sont majoritairement des drames comme celle dont je vais parler. Jouée par la troupe Atmosphère. Troupe amateure de bonne facture. Enfin c'est ce qu'on dit. De toute façon je ne suis pas objectif. Avec elle, j'ai mis en scène "Minuit chrétien" de Tilly l'an passé et avais bien failli mettre en scène l'Arthur Miller. ça ne s'est pas fait faute d'une distribution adéquate. Ce qui m'avait valu maints ennuis. Ai donc été satisfait de constater que sur la question les principes de leur metteu étaient similaires.

La pièce est bien. Avais eu du plaisir à la lire. Toute une série d'images s'étaient spontanément présentées quant à une éventuelle mise en scène. Inutile de dire (mais remarquez que je le dis quand même) que je ne les ai pas retrouvées hier soir. Ce qui souligne une fois de plus à quel point je ne suis pas objectif. Mais ça n'a rien a voir avec le fait que je me sois ennuyé. Car je me suis ennuyé.

Ils ont sélectionné le quadrifrontal. L'espace de jeu étant une espèce de ring représentant un jardin semi dévasté. L'effet est beau et le travail des décorateurs bien réalisé. Toute la salle a été recouverte de taps noirs, ce qui ajoute une certaine neutralité oppressante. Seulement, je n'ai pas trouvé le quadrifrontal très bien assumé. Je ne pense pas que ça soit de la faute des acteurs. Le style d'écriture ne se prête pas à un jeu très mobile et le quadrifrontal l'exigerait plutôt. En y resongeant aujourd'hui j'ai surtout l'image de dos qui me reviennent. Tous ces dos n'ont pas aidé au rythme général de la pièce qui dès les premières minutes ne m'a pas paru approprié. Ils ont respecté le précepte de Yoshi Oïda qui consiste à produire des accélérations à partir d'un commencement plutôt lent puis d'osciller de la sorte sur toute la durée de la pièce. Malheureusement les rythmes lents demandent un surplus d'intensité sans quoi les creux sont... creux.

Ce qui par dessus tout m'a paru insupportable c'est l'usage des musiques. Déjà au cinéma dès qu'on utilise ce procédé pour souligner l'émotion qu'on espère susciter ça ne parvient chez moi qu'à provoquer une espèce de colère sombre. Me sens infantilisé. (Et ces temps suis plutôt sensible sur la question, se retrouver à 34 ans chez sa mère est déjà une régression qui se passe de toute musique.) Bien sûr quelques fois ces musiques étaient pertinentes, aérant un texte somme toute dense. Mais ai eu l'impression que plus on avançait plus il y avait de musiques. C'était assez pénible. Sinon je n'ai pas envie de parler des acteurs. Le fait qu'ils soient dilletantes ne me le permet pas. Je dirais donc qu'ils étaient bien étant donné les difficultés de leur partition. (Et je le pense.) J'ai bien vu le travail effectué. Et il est de taille. Quand les tensions superflues souvent dues aux premières auront disparu, leurs prestations seront tout à fait respectables.

Quelques mots sur les enjeux principaux. L'intrigue sera à découvrir sur place pour ceux qui le désirent. (Ils accueillent tout le monde. Choisissez quand même vos places sur les longueurs. Ca doit être un peu meilleur.) Donc les enjeux. C'est quand même de la belle grosse machine américaine : les valeurs morales face à la valeur monétaire dans une espèce de patriotisme exacerbé. Cette responsabilité de maître de la grande école du monde que se sont donné les américains était déjà présente à l'époque. La souffrance d'une mère par rapport à la perte d'un fils. La justice. Les responsabilités... Non je le redis c'est une belle pièce remarquablement écrite et j'espère que les critiques assez rudes qui ont précédé ne vous dissuaderont pas de vous en faire votre propre idée. De toute façon, comme je l'ai dit mon oeil est sans doute plus exigeant. D'une part à cause mon métier de comédien et d'autre part par ce passé partagé qui réduit quelque peu mon objectivité.

Publié par libou à 18:10:50 dans puits à coq | Commentaires (0) |