Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Publié par libou à 14:48:04 dans cot-cot-idien | Commentaires (4) | Permaliens
Y a des fois où on se sent tout vide. Où qu'on n'est pas heureux ni malheureux comme qui dirait Arno. Où qu'on est là parce que ma foi on est vivant de corps et que par la force de l'être au monde il faut bien qu'on soit quelque part et qu'après tout c'est pas pire qu'ailleurs. C'est même mieux qu'on se dit. Puisque cet ailleurs on n'a même pas la force de s'l'imaginer. Puisque dans le ventre à l'intérieur on a faim que de ce qu'on ne peut avaler. Qu'on a putain de la chance caca crotte bique chier merde. Qu'on se dit.
Y a des fois où on se demande où que c'est passé tout ce qui fait qu'on est là. Et on regarde ses mains avec toutes ces lignes qui courent dans tous les sens et qui se croisent tout plein tout le temps. Et ça fait sourire une main avec ses doigts au bout. Ca bouge quand on veut comme on veut. Et on se redit que c'est trop dingue d'avoir une veine pareille. Tudieu. Des doigts des mains des lignes une veine. C'est trop de la balle. Qu'on se dit.
Y a des fois où on se dit qu'on a plein de demains et que c'est trop le délire d'avoir tant de demains. D'en avoir plein les poches à sortir comme ça dans un sourire une grimace un désir. De dire youhou la vie regarde-moi tous ces demains à ne plus savoir qu'enfer et de partir sur la route des happy end prêt à exploser de toutes ces larmes qui nous noient de l'intérieur. Avec un soleil couchant. Au bout. Et c'est beau. Qu'on se dit.
Et pourtant on reste. Debout.
Publié par libou à 00:42:12 dans cot-cot-idien | Commentaires (2) | Permaliens
Dernièrement une amie que je vois peu mais que j'estime beaucoup a été surprise que je fasse une différence entre l'amour propre et l'estime de soi :
Ouais énorme différence. - J'ai répondu. -
Pour moi l'amour propre freine et l'estime de soi stimule. En agissant par amour propre on croit donner mais on prend (ce qui a dû être mon système de fonctionnement la majeure partie du temps, et le sera encore j'en ai bien peur) alors qu'avec une vraie estime de soi on n'a plus besoin de recevoir (ni de donner d'ailleurs) ce qui fait que quand il a lieu le don devient authentique. Du moins c'est ce que je pense.
En fait j'irai encore plus loin et dirai que l'estime de soi et l'amour propre s'opposent et même davantage, ils s'excluent. L'amour propre croît au détriment de l'estime de soi - et inversement - et comme l'amour propre est insatiable, en pensant nourrir notre estime de soi mais poussés par notre amour propre nous ne faisons que tenter de rassasier ce dernier. En vain bien entendu. L'amour propre a besoin de gratifications permanentes.
L'amour propre rend dépendant.
L'estime de soi libère.
Maintenant le tout est de savoir lequel des deux nous pousse à agir... Quelle est l'impulsion secrète de nos actes ? Et pire : de nos aspirations et de nos rêves ? Sauver le monde est-il toujours plus noble que le bête désir de s'enrichir ? Et écrire ? On écrit pour soi ou pour les autres ? Parce que ça nous nourrit en soi ou parce qu'on espère que le miroir des autres nous apportera quelque périssable manne ?
Voilà... J'avais envie de proposer la réflexion qui a précédé au plus grand nombre mais je ne sais pas si c'est l'amour propre ou l'estime de soi qui m'a déterminé. ?
?
Publié par libou à 16:51:08 dans cot-cot-idien | Commentaires (3) | Permaliens
Ca faisait aussi belle lurette (Tiens si j'ai une fille un jour je l'appellerai Lurette : On dirait bien que "lurette" ne s'emploie qu'avec le qualificatif "belle" ; on n'a jamais vu une vilaine Lurette. Cependant il est inquiétant qu'on doive lui ajouter ce qualificatif... Pourquoi serait-il nécessaire s'il était évident que Lurette était belle. On ne dit jamais la belle Claudia Schiffer. On sait que Claudia Schiffer est belle. Inutile de s'embarrasser d'une telle redondance... Alors que Lurette ne se sépare jamais de son "belle", comme si elle avait peur qu'on puisse la penser laide. Inquiétant. Peut-être même qu'elle dévie notre attention de ses traits disgracieux par le biais de ce "belle" univoque. Et on continuerait notre route apaisés et rassurés sans la moindre conscience du grossier subterfuge qui nous a abusés !! Méfiance. Je ne suis finalement pas surpris que ce prénom soit si peu répandu. L'humain a du flair et il y a belle lurette qu'il sait toutes les sournoises surprises qu'une Lurette peut lui réserver...) que je n'étais pas allé au théâtre.
Inadmissible mais bon les contingences professionnelles et tout ça tout ça enfin vous voyez quoi ?! Hier, enfin, n'y tenant plus, j'ai sauté mon souper pour "mange ta soupe". En voyant le titre, la culpabilité qui m'a saisie a failli me renvoyer chez moi séance tenante une serviette autour du cou. Mais j'ai résisté à cette impulsion de réifier la fiction. Depuis le temps je sais faire la différence. (enfin je crois.)
Donc "mange ta soupe" est une création : un tableau de pièces glanées ci et là et assemblées avec plus ou moins de cohérence. Il y a des interviews réalisées dans la rue, des anecdotes des acteurs, des textes de ceux-ci (principalement Marie-Eve), la voix enregistrée d'un nutritionniste, des extraits bibliques et autres, des chants et sans doute que j'en oublie. Moi j'ai passé un bon moment. C'était distrayant et amusant. On rit souvent. La scéno est décalée et l'espace bien géré. Les quatre acteurs, en costumes seconde peau ignobles, sont très bien : Frédéric Lugon, Marie-Eve Mathey-Doret, Lucienne Olgiati et Julien Opoix.
Si je dois émettre une réserve ce serait par rapport au rythme. Comme il s'agit de morceaux ayant parfois comme seul fil rouge celui de l'estomac, les transitions sont un peu rudes. Et comme le jeu est distancé, on est difficilement pris aux tripes. (C'est dommage quand on cause bouffe.) En résumé j'ai passé un bon moment mais je n'ai pas été saisi ; j'ai embarqué pour une croisière. Ce qui est agréable aussi. Donc cette mise en scène d'Olivier Périat vaut le voyage.
C'est à
Publié par libou à 14:15:25 dans puits à coq | Commentaires (1) | Permaliens
Ça faisait bon temps que n'avais plus pu me débloquer de soirée cinéma. Vitus, film suisse était la bonne occas pour renouer avec le principe. Rien de tel qu'un peu de patriotisme pour se rassurer dans les grands moments de solitude.
L'histoire est plaisante. Ça verse parfois dans le sentimentalisme graisseux mais heureusement sans excès. Étant donné la thématique on aurait pu faire bien pire. Le scénario accroche tout du long et nous réserve son lot de revirements inattendus. C'est bien interprété dans son ensemble. J'ai eu parfois de la peine avec le Vitus pré pubère mais ai pu m'en accommoder sans trop de violence.
Par contre ai eu plus de difficulté à m'identifier au personnage de Vitus, à le trouver sympathique, à percevoir sa détresse. Ai constaté qu'il était plus délicat de se reconnaître en une figure humaine déshumanisée plutôt qu'en une figure non humaine humanisée. Je m'explique. Il y a grand nombre de films mettant en scène des monstres (la belle et la bête, le silence des agneaux, ou même spiderman tiens...) et il est plus évident d'appréhender quelqu'un par ses imperfections, ses failles, que par son côté lisse. Vitus souffre d'un trop de perfection, immensément doué, profondément bon... et, comme le film le mentionne explicitement, c'est cet excès qui rend sa présence en ce monde "imparfait" rugueuse et difficile. (Jusqu'au moment où il l'utilise à son avantage.) C'est là que le bât blesse, pour moi ce gosse manque de ce relief, de cette épaisseur qui puisse rendre un personnage attachant. Il était trop d'une pièce. Je crois que nous sommes faits de nos contradictions, de cette dualité qui se mesure et s'oppose en permanence. Et finalement c'est ça qui nous rend humain.
Peut-être que ça ne tenait que de la qualité de l'interprétation mais je ne pense pas. Il doit y avoir une conjugaison entre le jeu et l'écriture. C'est vrai qu'il y a des acteurs qui ouvrent des univers rien qu'en étant là et je pense que ceux-là peuvent se dégager de n'importe quelle écriture et sauver le pire des scénarios. On en a l'exemple dans ce même film avec Bruno Ganz. Il ouvre des mondes, il te file droit où ça touche seulement par la qualité de sa simplicité et de son humilité. Il nous donne qui il est. Et vrai : ça suffit. Moi, il ne me faut rien de plus.
Publié par libou à 14:51:43 dans cinémoi | Commentaires (1) | Permaliens
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