• Avatar : James Cameron

    Je précise de suite qu'il n'y a strictement rien à voir entre Avatar et Sia. Juste eu besoin de replonger dans la fin splendide du splendide Six feet under. Et de le partager. Indépendamment de tout.
    Ca c'est dit.
    Alors Avatar.
    C'est dans le même état d'esprit que pour 2012 que je m'y suis rendu. Sans la moindre attente. La comparaison est à ce point impensable que je suis retourné le voir une deuxième fois. De mon plein gré. Mais en 3D pour changer un peu. Quand même faut pas exagérer... (Je doute que je n'y serais pas retourné malgré tout.)
    Rien n'est laissé au hasard. C'est éreintant. (Réplique volée à un texte de Bastien Fournier que je suis en train de me fiche dans le crâne.) C'est remarquablement construit. Chaque plan fait sens. Chaque détail fait sens. Tout est au service de la narration. Au-delà des effets dont on a abondamment parlé partout, Cameron est un conteur visuel absolument génial. Car il s'agit bien d'un conte et il ne faut pas l'oublier. On lui reproche souvent un canevas convenu, une simplicité éreintée. Mais les contes fonctionnent sous le même canevas depuis des siècles et ce n'est pas près de changer. Et tant mieux. Il faut juste reconnaître les codes. On ne va pas se plaindre qu'un dessert manque de sel. Si on veut du sel on mange des pâtes. Ou ce que vous voudrez de salé. Il en va de même sur le jeu soi-disant caricatural des comédiens (spécialement des méchants), sur une espèce de manichéisme lourdeau pour que de nouveau je ramène au code. Et malgré cela je trouve que Cameron le sublime. Avatar ne se contente pas de conter une histoire pour gosses ou adultes en manque d'émotions mais il joue sur tous les registres. Et pour peu que l'on s'efforce de lire juste un peu au-delà du premier degré d'autres thématiques se révèlent. Il n'y pas qu'un combat entre les bons et les méchants, les animistes et les technocrates, une modération respectueuse et une croissance décadente. Il n'y a pas qu'une histoire d'amour à l'eau de rose (ou plutôt de gentiane). En plus de notre rapport à la nature, à notre Gaïa, il y a son rapport à soi et son corps, à soi et les mondes virtuels, à l'influence de ces mondes sur ce que nous devenons. A notre impuissance physique soudain résolue dans nos avancées technologiques et surtout informatiques. Handicapés derrière notre écran tels le personnage principal, notre esprit peut par quelques clics investir des corps pixelisés, trouver presque immédiatement l'objet de son désir, voyager dans le temps et l'espace comme pas plus loin que nos parents ne pouvaient le faire. Et quel énorme sentiment de frustration et d'impuissance quand le héros se fait réveiller en pleine action, car c'est en dormant (tout un symbole) qu'il pilote son avatar !
    Non, sérieusement c'est un vrai chef-d'oeuvre. Dans un tout autre registre que des films que j'ai pu qualifier comme tel ici. Et c'est vraiment tout à l'honneur du réalisateur. Et les statitiques le prouvent. Bien qu'elles soient incapables de prouver une qualité, elles prouvent un intérêt.
    C'est un conte. Oui. Et c'est sa force. C'est avant tout un conte. Mais un conte large. Un conte qui ouvre ; comme c'est l'apanage d'un conte réussi. Quelque chose qui plante ses racines dans les plus reptiliens de nos fonctionnements et de nos peurs.


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